RSF et le collectif "Informer n'est pas un délit" lancent une campagne pour défendre la liberté de l'information en France. Qu'est-ce que la "post-vérité"?

Patrick Boucheron en janvier 2017
Patrick Boucheron en janvier 2017 © Maxppp / PHILIPPE PAUCHET

Cette « journée nationale pour la liberté de l’information », propose à chaque citoyen d’interpeller les candidats sur leur engagement pour la liberté de l’information, en utilisant le hashtag #LibertéEgalitéInformés sur les réseaux sociaux et en signant la pétition en ligne sur le site de RSF.

L'historien est professeur au Collège de France Patrick Boucheron. Il a tenu une conférence au Collège de France intitulée "la vérité avant, après"

Patrick Boucheron : "Quelque chose bascule devant nous. cela nous rend collectivement responsables. Cela nous oblige à réfléchir calmement."

Pour Patrick Boucheron, le bullshit, le bobard, se développe aux Etats-Unis comme en France et ce "n'importe quoi" est au delà de la vérité. Il s'agit pour les utilisateurs du mensonge de produire un discours qui domine.

Patrick Boucheron : nous avons du mal à faire la distinction entre fait et opinion. Cela nous intéresse, nous avons démocratisé l'accès au savoir nous avons fragilisé notre autorité. les journalistes ne détiennent pas la vérité mais nous avons des méthodes.

Le spectacle de la politique

Patrick Boucheron :"Depuis 2003/2004, il y a un changement de la sphère médiatique qui rend possible un gouvernement par les émotions. "

Patrick Boucheron :"La télé-réalité place le spectateur face à un spectacle qu'il adore détester. On adore détester, on est au spectacle d'une parole dont on n'attend plus d'effet de vérité. "

Patrick Boucheron :"On est dans un situation dangereuse qui est celle de la télé réalité. C'est le principe de Poutine : la vérité qui se présente comme une désarmante sincérité produit un effet glaçant de terreur."

Lutter contre le complotisme

Patrick Boucheron souligne le raffinement de techniques de fact checking et la progression des bonimenteurs et fausses nouvelles. "Un fait ça se produit, et en même temps qu'on le produit, on ouvre la possibilité de la production de l'ignorance. Les journalistes auraient tort de cibler les réseaux sociaux comme seuls responsables."

Que répondre à quelqu'un qui dit que la table qu'on lui montre est un dromadaire ? demande Bernard Guetta. Le fait est qu'il n'y a pas de preuve, est une ligne de défense qui en droit est inattaquable, répond Patrick Boucheron.

Patrick Boucheron :"Face au complotisme il faut reconnaître un exercice de l’esprit citrique et dire qu'il est dévoyé. Le complotisme simplifie les problèmes."

POUR ALLER + LOIN | La conférence de Patrick Boucheron : La vérité : avant, après

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