Le paléoanthropologue publie "Qui va prendre le pouvoir" ? Pascal Picq trouve chez les singes les racines de la politique d'aujourd'hui.

Pascal Picq
Pascal Picq © AFP / Lionel Bonaventure

Le paléoanthropologue porte un regard scientifique sur la campagne qui vient de s'écouler et sur le monde politique en général : "Quand on a pas accès aux discours, avec de réels éléments de discussions, ce qui va dominer, c'est le comportement".

"A l'issue des primaires de la gauche et de la droite, il y a eu une bipolarisation importante, caractérisée par les fondamentaux respectifs de la droite et de la gauche, et ça, du point de vue de l'évolution des populations, c'est un signe de changement d'adaption de société". "Les réponses droite-gauche classiques sont là, et à l'échelle du monde" explique le scientifique, citant le Brexit ou l'élection de Donald Trump.

Sur la posture des débats politiques télévisés

Pascal Picq, plutôt que de revenir sur le débat d'entre-deux-tours, cite en exemple le débat Hollande-Sarkozy de 2012 :

"Si un chimpanzé regardait le débat, il ne comprendrait pas le discours, mais il comprendrait les comportements".

Pascal Picq explique aussi que tant que les leaders ont un bon exercice du pouvoir, ils ont une contrepartie "naturelle", mais "Si le contrat tacite n'est pas respecté, on va commencer à le regarder avec un aspect moraliste" poursuit-il, en faisant le parallèle avec l'affaire Fillon :

Sur l'absence de "débats de fond" pendant la campagne

Pascal Picq déplore l'absence de questions de fond dans cette campagne, "à part chez Benoit Hamon", dont l'erreur, estime le scientifique, a été de "d'avoir présenté la taxation des robots comme une assistance".

Ce monde a changé en cinq ans mais nous avons quasiment les mêmes candidats d'un quinquennat à l'autre, avec quasiment les mêmes idées

La numérisation de la société, par exemple, n'a pas été suffisamment abordée, selon le scientifique qui participe à une commission de recherche sur l'uberisation de la société. Et qui rappelle que depuis ses débuts sur la planète, l'homme a toujours été acteur de son évolution, et de celle de son lieu de vie :

Et Pascal Picq, face à Augustin Trapenard, revient sur l'une des oeuvres de fiction qui l'a le plus marqué, "La planète des singes", de Pierre Boulle, où les hommes sont nostalgiques d'un temps où ils avaient assujettis les grands singes et où "tout allait pour le mieux". Cela représente le parfait exemple, pour le scientifique, d'un principe de base :

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