Matinale spéciale au cœur de la Creuse, un des départements les moins peuplés de France: comment garantir des services publics en zone rurale, comment désenclaver nos campagnes?

Musée de la Tapisserie d'Aubusson
Musée de la Tapisserie d'Aubusson © Maxppp / Bruno Barlier

Nos invités, en direct de la Cité internationale de la Tapisserie à Aubusson :

  • Nicolas Simonnet, maire de Nouhant (319 habitants), vice-président de l'Association des Maires et Adjoints Creusois

  • Marie Padovani, porte-parole du collectif creusois "Parents en colère", milite pour le maintien des écoles en zone rurale

  • MichelMoine, maire d'Aubusson

  • André Fistre, ex médecin généraliste à La Souterraine

Désert médical

La cité, connue depuis six siècles pour ses tapisseries, a néanmoins des problèmes bien contemporains : celui, par exemple, d'avoir suffisamment de médecins pour les habitants de sa région. "A l'heure actuelle, 30% de mes patients n'ont pas trouvé preneurs" explique André Fistre, ex-médecin généraliste à La Souterraine.

"On a fait venir des médecins roumains dans le département, opération vouée à l'échec au bout de 6 mois - 1 an, après leur avoir déroulé le tapis rouge : ils sont quand même repartis", explique à nouveau André Fistre.

Une seule réussite à ma connaissance avec deux roumaines installées, dont l'une a été managée, pendant trois ou quatre années par le médecin qu'elle a remplacé. A mon avis, le tutorat est une solution

"On est déjà en pénurie de médecins, si on leur impose des choses, j'ai peur qu'ils fuient un peu plus", explique à nouveau Michel Fistre, sur d'éventuelles méthodes coercitives. "Quand je suis parti, on était était six. Si rien ne bouge, dans les deux-quatre ans qui viennent, on sera trois. Les médecins les plus jeunes ont 64 ans et plus". Il y a 104 médecins généralistes dans la Creuse pour 120.000 habitants, rappelle Patrick Cohen.

Sur l'éducation

Marie Padovani, porte-parole du collectif "Parents en colère", milite pour le maintien des écoles en zones rurales. Pour elle, certains arguments sont peu acceptables pour fermer ces petites écoles, comme lorsque l'Education Nationale estime que des enfants qui ont étudié en classe unique ne seront pas adaptés à une structure plus grande, collèges ou lycée.

Et la question des RPI (regroupement pédagogique intercommunale) ? "Ca peut être bien, estime Maire Padovani, mais le but du ministère est de créer des cités scolaires maternelle, primaire et collège au même endroit, et ce n'est pas adapté à la Creuse".

"C'est paradoxal de dire 'vous êtes un département à part mais on voudrait que vous rentriez dans les clous de la moyenne nationale, poursuit Marie Padovani. On a des contraintes territoriales évidentes, 22 habitants au kilomètre carré, par exemple."

Et de rappeler la qualité de vie de son département, qui attire de plus en plus de résidences secondaires. Un engouement qui a des effets pervers : difficile de faire vivre des villages morts 10 mois sur 12.

Sur les services publics qui disparaissent

On a l'impression que le sable nous file entre les doigts (Michel Moine, maire d'Aubusson)

►►LIRE AUSSI | A Aubusson, la disparition progressive des services de proximité

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