Elle ne s'est pas exprimée depuis des mois, Martine Aubry est l'invitée de Nicolas Demorand.

Martine Aubry : "Aujourd'hui on y voit clair sur le mauvais départ du Président de la République. Emploi pouvoir d'achat croissance, tout cela n'est pas traité. on a la précarisation et l'austérité".

"La modernité ce n'est pas de précariser"

Martine Aubry : "Je vois les pays du Nord et l'Allemagne, tous ces pays qui fonctionnent, font du collectif, mieux former les salariés, y compris les intégrer au Conseil d'administration. Macron n'a pas compris que le droit du travail c'est une protection des salariés. C'est devenu un droit pour l'entreprise. On pourra faire se succéder les cdi, licencier avec un motif économique incontrôlable. Dans le cadre du licenciement pour faute, on pourra changer le motif si le salarié montre qu'il ne tient pas".

Martine Aubry : "Je n'aurais pas permis à une entreprise de négocier des dérogations par rapport aux accords de branche. j'ai découvert quelque chose d'effrayant. Sur les branches, il y a 11 domaines, mais toutes les stipulations de branches peuvent être mis à bas par un accord d'entreprises".

La gauche, dans quel état ?

Martine Aubry se souvient qu'avant de diriger le Parti Socialiste, on disait qu'il était un cadavre, ce qui n' a pas empêché la gauche de reprendre le pouvoir ensuite au Parlement.

Martine Aubry : "C'est un peu paradoxal ; on n'a jamais eu autant besoin de la gauche pour répondre aux défis du monde, pour le droit du travail et contre l'ubérisation de la société. Le parti socialiste comme les verts sont dans une vraie crise. il faut reprendre les recettes : respecter les autres , respecter les règles. Ça n'a pas été le cas. Il faut refaire de la politique, accepter le débat. il faut se remettre au boulot."

Martine Aubry revient sur les épisodes passés au Parti Socialiste. Quand François Hollande a gagné la primaire, elle est partie en campagne pour lui immédiatement. Mais son travail auprès de lui a échoué. Avec Ayrault cela c'est toujours bien passé, mais pas avec Valls et Hollande.

Pour elle France Insoumise est un mouvement de contestation, qui ne veut pas réunir la gauche. Il y a des désaccords profonds, notamment sur l'Europe. "Que France Insoumise repousse tous les partis de gauche c'est une politique personnelle. Or il faut un front uni de la gauche".

Léa Salamé rappelle que Martine Aubry a déclaré il y a quelques semaines,"J'ai 66 ans, tout ce que j'ai fait dans ma vie est abîmé et cassé". Le coup de blues est-il passé ? "Quand je vois les ordonnances, on retourne 50 ans en arrière. Ça me donne plus de volonté de me battre, par la conviction et non par l'insulte".

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