Avant l'annonce de la nouvelle tarification TGV, Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, est l'invité de Patrick Cohen.

Guillaume Pépy en 2017
Guillaume Pépy en 2017 © AFP / BENJAMIN CREMEL

Malgré la grève qu'avait essuyé la SNCF en juin 2015, sur la réforme de l'organisation du travail, et le refus du gouvernement sur l'accord d'entreprise voulu par la direction, la SNCF va bien, assure Guillaumé Pépy, qui évoque une "belle année" de bénéfices en 2016, importante pour les engagements pris par la société, notamment pour la modernisation du réseau :

D'où les quelques "pépins" ou retard occasionnés pour ces travaux, comme la fermeture totale de la Gare de Lyon et Gare de Paris Bercy les 18 et 19 mars prochains. "C'est une opération incroyable :

On va passer en 48 h, de postes d'aiguillages qui dataient de 1933, à des postes d'aiguillages de 2017

Les transports du quotidien : la priorité de la SNCF, selon Pépy

Sur la vétusté du réseau francilien, le PDG de la SNCF assure que depuis 8-10 ans, les transports du quotidien sont la priorité, principalement les TER et Transilien. "Une priorité absolue, la preuve : le grand chantier qu'on ouvre maintenant n'est pas un chantier de TGV, mais d'une nouvelle ligne de RER [prolongation de la ligne E du RER] dans Paris, qui va aller de la Gare Saint Lazare à Mantes La Jolie, région mal desservie aujourd'hui. 5 milliards d'euros, 8 ans de travaux : le projet majeur de la SNCF dans les années qui viennent".

En revanche, Guillaume Pépy refuse tout net de se prononcer sur le mode politique, en période de campagne présidentielle : "Je suis un manager pas un homme politique. On a 13 millions et demi de clients (...) on est bien assez occupés".

Sur la ligne LGV Paris-Bordeaux

Sur cette première concession privée, Guillaume Pépy explique que l'important, c'est que la géographie ferroviaire est en train de changer :

"Les présidents de région ont voulu que l'effet TGV soit diffusé sur tout le réseau TER. Tous les horaires TER changent pour profiter du gain de temps obtenu par le TGV. pour nous c'est un gros challenge technique : le dimanche 2 juillet au matin, à la même heure, il y a 40% des horaires de train [en France] qui vont changer" explique Guillaume Pepy, qui promets une augmentation "très raisonnable".

"Ce sera déficitaire, mais l'important c'est ce que ça va apporter au pays, ça va être un succès" :

Sur le succès des TVG OuiGo, une offre "qui cartonne":

En 2016, il y a eu presque le doublement des clients de TGV OuiGo

Sur la "transformation digitale " des trains

Le haut-débit "marche déjà sur Paris-Marseille, explique le PDG, ça marche bientôt sur Paris-Bordeaux, Paris-Strasbourg" :

Dans tous les trains, 90% des voyageurs seront connectés d'ici 2020

Sur la part des régions dans le financement du réseau

Guillaume Pépy annonce que du matériel neuf doit arriver dans deux ans pour les lignes Paris-Limoges, et Paris-Bordeaux, pour remplacer les vieux corails. Pour Limoges-Lyon, "l'état a souhaité gardé la main, mais a mis la main à la poche (...) et il y aura aussi du matériel neuf".

"Les trains régionaux, explique-t-il, comme leur nom l'indique, sont financés en majeure partie par les régions, le contribuable régional (...) Les élus décident des lignes qu'on ouvre, qu'on ferme, des fréquences, des tarifs". En gros quand vous achetez un billet de TER à 10 euros, explique le patron de la SNCF, il y a 7 euros mis par la région, et 3 euros par le voyageur.

C'est vrai, les régions pèsent les patates : quand il y a trop peu de personnes dans le train, elles mettent un bus, car elles gèrent de l'argent public

Il y a 3.000 gares en France aujourd'hui :

Si le nombre de gens qui défendent le train étaient dans le train, ça irait nettement mieux

"Depuis 10 ans, les régions ont acheté pour 8 milliards de matériel neuf. Le forfait Naviguo est payé à 70% par la région. C'est le moins cher de l'Europe pour un pass de capitale".

Sur la disparition des trains de nuit

"Du temps ou les trains de nuit existaient, il n'y avait pas énormément de monde dedans, sauf les vendredis et dimanches. Depuis qu'ils ont disparu, décision qu'a pris l'État parce qu'ils font perdre 100 millions d'euros au contribuable, c'est dingue le nombre d'amateurs et de fans des trains de nuit. Mais c'est un peu tard, il aurait fallu les utiliser avant.

Ils disparaissent pour deux raisons dans toute l'Europe : d'abord parce que les hôtels pas chers ont remplacé les couchettes (...) et avec l'arrivée du TGV, quand on vous dit il faut faire 9 h pour faire Paris-Marseille, il y a peut-être des gens qui se disent 'il y a un TGV qui le fait en 3 h".

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