Renaud Van Ruymbeke, juge du pôle financier de Paris, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Renaud Van Ruymbeke
Renaud Van Ruymbeke © AFP / JACQUES DEMARTHON

Le juge Van Ruymbeke nous fait part de ses propositions pour contrer le blanchiment d'argent. Il propose la création d'un fichier de comptes bancaires centralisé pour identifier l'argent caché. 

En tant que citoyen, je dis : il faut de la transparence sur cette planète 

Pour le doyen des juges, les Paradise Papers sont "une démarche civique de la presse qu'il faut saluer", puisque "l'océan de offshore échappe au contrôle du juge"  

"Où est la frontière entre l'évasion fiscale 'dite légale' et la fraude légale ?(...) Cela a l'apparence de la légalité, mais dès lors qu'on crée un montage avec des offshores, le problème est posé. À partir du moment où c'est opaque, on cache : alors pourquoi est-ce qu'on cache? D'où vient l'argent ?".

Répondre par la loi

"On a un énorme chantier législatif à mettre en oeuvre, d'abord en Europe : des états bloquent, réticents, qui défendent leurs propres intérêts parce qu'ils en vivent : Chypre, Malte...Chypre est l'un des points noirs, pourquoi est ce que l'Europe ne fait pas le ménage chez elle? On n'a pas besoin que des fortunes échappent à l'impôt, au contraire on en a besoin!"   

C'est toute la confiance citoyenne qui est en remise en cause avec [l'affaire des Paradise Papers]

Il y a-t-il une relève annoncée de juges financiers? "Le secteur financier fait un peu peur au jeunes magistrats", estime Renaud Van Ruymbeke. "La formation n'est pas là : il faut créer des créneaux de formations spécialisées dans certaines matières"

Coopération internationale indispensable

"Je ne crois pas à la multiplication des enquêteurs (...) on a surtout des progrès a faire dans la sophistication, la façon d'enquêter, les enjeux sont dans la cooperation financière internationale". 

Si vous avez de l'argent à cacher, allez à l'île Maurice : les demandes qu'on leur envoie, on n'a pas de réponse...

"Le problème est faussé au départ : l'évasion légale échappe au contrôle du juge, il intervient ponctuellement et a posteriori, dans un cadre précis".    

Et quand à la probité du monde politique, aujourd'hui, Renaud Van Ruymbeke livre un point de vue encourageant : 

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