Comment pourrait-on définir le "macronisme" fiscal ? Marc Fauvelle reçoit les économistes Mathieu Plane et Jean-Marc Daniel

Avis d'imposition - septembre 2013
Avis d'imposition - septembre 2013 © AFP / Denis Charlet

Mathieu Plane économiste à l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) et ancien conseiller d'Arnaud Montebourg , et Jean-Marc Daniel, économiste et professeur à l'Ecole supérieure de commerce de Paris sont les invités de France Inter.

Les fonctionnaires sont-il dans le collimateur du macronisme fiscal ?

Selon Mathieu Plane, 'les fonctionnaires sont assez mal lotis pour ce quinquennat. Il y a 120 000 fonctionnaires qui ne seront pas remplacés + le gel du point d'indice. Le seul gain qu'ils pourront avoir c'est si l'on a une compensation plus générale sur la trajectoire de carrière. Les fonctionnaires risquent d'être assez perdants."

Même avis pour Jean-marc Daniel.

La réforme de l'ISF

Pour Mathieu Plane, la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune va "bénéficier aux plus riches". Alors que selon Jean-Marc Daniel, il s'agit d'"une bonne réforme".

Où Emmanuel Macron veut-il en venir ?

Pour Mathieu Plane, si on doit résumer, c'est avec le terme "en même temps" c'est à dire vouloir satisfaire tous les Français : "suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages, les plus riches sont plutot bien lotis avec la réforme de l'ISF, mais on a aussi la revalorisation de la prime d'activité"

"Le "en même temps" pose un problème : on ne parle pas de financement!

C'est à dire qu'il faut respecter la barre des 3% de déficit imposé par Bruxelles, faire des ajustements budgétaires et pour ça il faut trouver de l'argent. On parle moins de hausse de fiscalité écologique, de fiscalité du tabac, et de réduction des dépenses publiques de 60 milliards : pour ça il faudra trancher dans le fonds et ne pas faire de saupoudrage."

Selon Jean-Marc Daniel, le bilan c'est que "à partir de ses intentions de campagne, on a un résultat assez confus" avec quelques vieilles recettes.

La hausse de la CSG

Au programme d'Emmanuel Macron : augmenter la CSG au 1er janvier de 1,7% sur les salaires des fonctionnaires, les pensions et les revenus du capital.Cette mesure, qui entrera en vigueur en 2018, devrait rapporter 20 milliards d'euros. Il y aura pour certains Français des compensations avec la suppressions des cotisations chomage et maladie pour certains actifs. L'objectif est de compenser la suppression des cotisations sur l'assurance maladie et sur l'assurance chômage, payées par les seuls salariés du secteur privé, et également promise pour 2018 par le gouvernement.

Pour Mathieu Plane : "le problème c'est les retraités qui vont payer ( ceux qui perçoivent plus de 1 200 euros par mois) . On va taxer plus le capital mais en même temps on va plafonner l'imposition du capital à 30%"

Jean-Marc Daniel confirme les propos du secrétaire générale de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, selon lequel "certaines catégories de la population "vont morfler" avec la hausse de la CSG annoncée par le gouvernement pour 2018". "Oui certains Français vont pâtir de cette situation ! Ils vont clairement voir leurs revenus baisser" selon Jean-Marc Daniel.

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