Mounir Mahjoubi, directeur de la campagne numérique d'Emmanuel Macron et candidat "La République en marche" aux législatives dans le 19e à Paris, est l'invité de France Inter

Mounir Mahjoubi candidat aux législatives sur la liste d'Emmanuel Macron
Mounir Mahjoubi candidat aux législatives sur la liste d'Emmanuel Macron © AFP / BERTRAND GUAY

Mounir Mahjoubi, ex-président du Conseil Numérique jusqu'en janvier dernier avant de rejoindre l'équipe d'Emmanuel Macron, explique comment l'équipe de En Marche! a paré à la dernière cyberattaque, vendredi dernier, contre les contenus numériques du mouvement, quelques heures avant la clôture des débats liés à la présidentielle.

Ce qui est survenu vendredi est la conclusion de ce qui se passe depuis le mois de décembre

Le directeur de la campagne numérique d'Emmanuel Macron explique les différents types d'attaques subies : "visibles, sur les réseaux sociaux, invisibles, sur nos serveurs, et des attaques de phishing" (ou "hameçonnage", quand des personnes sont attaquées pour qu'elles donnent d'elles-mêmes des informations sensibles comme un mot de passe ou un code d'accès à des mails, fichiers, ou serveurs...)

"La NSA a émis des recommandations pendant la campagne (...) donc, quand on a vu les premiers messages, on a formé les personnes, chaque salarié avec une boite mail" afin de montrer ce à quoi ressemble un phishing, et pas seulement "ceux qu'on reçoit d'habitude et qui sont un peu vulgaires avec 'donnez- moi votre mot de passe Madame', et qui permettent de voir immédiatement qu'il y a un piège".

Là, c'était des phishings qui se faisaient passer pour des gens de [notre] campagne. Le dernier, comme un bras d'honneur, portait mon nom.

Ce système, explique-t-il, disait à tous les salariés de la campagne : "Attention, vous subissez des attaques de phishing, veuillez télécharger les deux pièces jointes suivantes qui expliqueront comment vous protéger. C'est très sophistiqué".

La parade des faux-comptes

D'où l'idée des faux-comptes créés par l'entourage d'Emmanuel Macron, explique Mounir Mahjoubi, avec de faux login et de faux mot de passe, et "avec énormément d'informations, pour leur faire perdre du temps, et qu'il y ait un doute permanents sur la véracité des documents". Certains faux grossiers, selon lui, ont d'ailleurs été partagés lors de ces "Macronleaks".

Sur les réseaux sociaux, depuis le début [de la campagne], il y a eu des influenceurs, des médias nouveaux qui ont des liens directs avec des forces conservatrices, parfois liées à des états comme la Russie

Ces derniers ont, selon lui, "pilonné cette campagne, en créant des articles très positifs vis-à-vis de Marine Le Pen, et extrêmement négatifs vis-à-vis de notre campagne [..] et ont parfois pu donner à une rumeur plus d'importance qu'elle n'en avait".

C'est une ingérence plus subtile que celle d'un pays, c'est celle de forces qui sont contre le progressisme

"Des pirates font ça pour le goût du défi, mais il y a toujours quelqu'un qui finance, poursuit Mounir Mahjoubi : "des forces d'attaque sont parfois directement dans les armées d'un autre pays. Et puis, vous avez cette nébuleuse de gens extrêmement compétents dans le hacking et dans la communication en ligne. Ce qui s'est passé vendredi [la dernière attaque du réseau informatique En Marche, ndlr] est une belle coalition entre ceux qui nous ont piraté à un moment et les Américains conservateurs qui ont rendu public ce hack".

D'autres ont enquêté et émis des doutes qui ont permis d'identifier un groupe APT28, un groupe de hackers (...) un groupe influencé régulièrement par des extrêmes-droites, dont des extrêmes-droites russes

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