Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

A l'occasion du "One Plant Summit", sommet lancé par la France après la décision des États-Unis de se retirer de l'Accord de Paris sur le climat, et pour détailler le financement de la transition écologique, Nicolas Demorand reçoit le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Lemaire, pour évoquer la finance verte et la lutte contre les paradis fiscaux. 

"La France est leader sur la finance verte", estime Le Maire, qui voit là "une des clé pour faire bouger les choses sur le climat". "On va aller vers plus de transparence" assure le Ministre qui évoque "8 milliards d'euros pour financer uniquement des projets verts", et "10 milliards d'euros pour financer la transition écologique".  

Nous souhaitons que tous les citoyens puissent, avec leur épargne, financer des projets verts  (...) La finance est un des éléments de transformation important (...) A partir du moment ou le secteur financier s'engage, c'est un élément majeur (...) du développement durable".

"On sait que le stockage d'énergie renouvelable sera une question-clé", explique Bruno Le Maire, qui estime aussi que le "prix du carbone est trop bas, pas assez dissuasif", pour l'instant entre 5 et 10 euros la tonne, un prix que le ministre veut porter à "30 euros la tonne", dans un délai court : "le plus tôt sera le mieux".

"Rien ne justifie que le diesel soit moins cher que l'essence", poursuit le ministre qui parle d'une nouvelle augmentation "12 centimes d'euros rattrapés en trois tranches, 4 à 5 centimes d'euros en plus à partir de janvier".

"J'ai reçu l'ensemble des acteurs du diesel pour regarder comment on accompagne cette transition", dit le ministre évoquant la situation des 1600 ouvriers de l'usine Bosch de Rodez. Sur l'engagement d'EDF de réduire sa part du nucléaire : "Je salue la décision d'EDF de s'impliquer dans les énergies renouvelables", et concernant le nucléaire : "C'est une transition qu'il faut opérer, elle doit se faire progressivement".

Pas question de ne pas indexer le Smic 

Il n'est, pour le ministre de l'Économie, pas question d'une telle mesure : il a exclu mardi de mettre fin à cette piste préconisée par un groupe d'experts.  "Il n'est pas question de mettre fin à l'indexation du smic, il faut être très clair là-dessus"."Nous ne pouvons pas abandonner toute indexation du smic, parce que sinon le smic n'aurait plus de sens et ne garantirait pas un niveau de revenu minimum décent à l'ensemble des salariés dans notre pays", a-t-il poursuivi.

Sur le retrait du marché de lait pour enfant Lactalis contaminé  : "600 références de lait infantile ont été retirées, soit 7000 tonnes de produit" explique Le Maire, qui affirme que "Lactalis ne nous a pas donné les garanties suffisantes. La santé des Français passe avant toutes considérations, même économiques". 

Sur le départ annoncé de Xavier Bertrand des Républicains, à la suite de l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence du parti : "Ce n'est pas une renaissance pour les LR, c'est un repli".

Sur la question de l'évasion fiscale, avec l'exemple d'Airnbn, qui paye 100 000 euros d'impôts par an : "Il faut que les règles de concurrence soient les mêmes pour tous (...) Nous ne lâcherons pas sur cette question d'équité fiscale (...) L'Europe est en train de prendre conscience de la nécessité de mieux défendre ses intérêts".

Sur le dossier du glyphosate, dont Bruxelles a repoussé l'interdiction : "Nous n'avons pas laissé passer le glyphosate : nous nous sommes donné trois ans pour le retirer [en France], je pense que c'est une politique raisonnable".

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