Le 14 juillet 2016, le fils d'Émilie Petitjean est mort sur la promenade des Anglais. À la veille des commémorations, un an après, sa mère se livre au micro de Marc Fauvelle.

Marion Duvigneau, directrice du patrimoine historique de Nice, et Emilie Petitjean, présidente de l'association Promenade des Anges
Marion Duvigneau, directrice du patrimoine historique de Nice, et Emilie Petitjean, présidente de l'association Promenade des Anges © Radio France / Kevin Peulot, Hélène Delye

Émilie Petitjean est présidente de l'association Promenade des Anges. Elle a perdu son fils de 10 ans, Romain, le soir de l'attentat du 14 juillet 2016. Pour elle, "l'arrivée de cette date anniversaire est assez terrible à supporter. Elle réveille des angoisses, des cauchemars qui sont plus violents encore que ceux qu'on avait l'année dernière". Mais elle s'est "préparée" pour ces commémorations, elle sait "que ça va être très chargé en émotion. En même temps c'est nécessaire pour que chaque niçois, chaque victime, puisse se retrouver dans ces commémorations".

"C'est mon autre fils, mon mari, ma famille, mes proches, qui me font tenir debout" - Emilie Petitjean.

3.000 dossiers d"indemnisation ont été déposés après l'attentat de Nice, 1.600 ont été pris en compte pour le moment. Émilie Petitjean n'a pas eu de difficultés à faire reconnaître son statut de victime, en tant que mère d'un enfant décédé. En revanche, c'est plus compliqué pour certains blessés mais surtout pour les victimes psychologiques. Émilie Petitjean donne l'exemple d'"un militaire de la Marine Nationale n'est pas reconnu par le fond de garantie parce qu'il est militaire, mais les autorités militaires ne le reconnaissent pas non plus en tant que victime, parce qu'il est réserviste, donc assimilé civil. Cette personne là n'a droit à aucune aide d'un côté comme de l'autre".

Émilie Petitjean a par ailleurs critiqué la disparition du Secrétariat d'État à l'Aide aux victimes.

Le devoir de mémoire

Marion Duvigneau est directrice du patrimoine historique, archéologie et archives de la ville et métropole de Nice-Côte d’Azur. Elle a en charge la conservation des objets, photos, messages, déposés autour du kiosque à musique sur la promenade des Anglais après l'attentat.

Dans les archives, il y a 65 mètres linéaires de caisses, de boites, contenant une grande majorité des galets, sur lesquels des messages sont inscrits. Il y a également des peluches en très grand nombre, puisqu'il y a eu beaucoup d'enfants parmi les victimes, et des messages écrits sur des feuilles de papier, des messages de condoléances, des messages de paix.

"On a plutôt des messages d'amour en direction des victimes, que des messages de haine envers le terroriste ou les politiques" - Marion Duvigneau.

"C'est une des dates qui malheureusement va marquer la chronologie de l'Histoire de Nice. C'était évidemment que c'est quelque chose que l'on devait retrouver dans les fonds d'archives", selon Marion Duvigneau. Lors de la collecte de ces objets déposés autour du kiosque à musique, des représentants des familles des victimes étaient présents, ainsi que les archivistes. "On voulait que ça ressemble à une chaîne humaine. On voulait montrait que ce n'était pas une opération pour faire le vide, pour nettoyer, pour qu'il n'y ait plus de trace".

Alors que vont devenir ces objets dans les années à venir ? L'association Promenade des Anges souhaite la création d'un musée mémorial, pour exposer tous ces témoignages de soutien. "L'objectif est d'une part le devoir de mémoire, et d'autre part une sensibilisation à la radicalisation et au terrorisme", ajoute Émilie Petitjean. "Ce musée pourra faire l'objet de sorties scolaires, pour sensibiliser les générations futures à ce genre de drame".

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