Édouard Philippe, Premier ministre, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Édouard Philippe est notre invité, deux ans, jour pour jour, après les attentats sanglants du 13 novembre 2015. Quels sont les progrès réalisés par l'antiterrorisme ? Quelles sont les mesures de sécurité concrètes ? 

Quand Édouard Philippe évoque ses souvenirs du 13 novembre 2015, il explique : "J'étais au Havre, ma mère et mes enfants étaient à Paris. Comme tous les Français, je peux me souvenir de l'effroi quand j'ai commencé à comprendre"   

Je me souviens peut-être encore plus du lendemain, quand je suis arrivé à Paris vers 18h30-19h : normalement un samedi de novembre, Paris c'est grouillant, et là c'était vide, lugubre 

"Je ne crois pas du tout que la France soit au bord de la rupture (...) Ce n'est pas le signe d'une optimiste ou d'une naïveté considérable, mais le pays a trouvé une forme d'attachement à ce qu'il est (...) La France est toujours la France".

"Le niveau de menace reste évidemment élevé"

"La défaite militaire de Daesh en Irak et en Syrie fait que c'est probablement plus difficile d'organiser de là-bas des actions qui se passerait chez nous. C'est l'objectif que nous recherchions, mais la menace endogène reste élevée".  

Sur les "désillusions" de ceux qui reviennent, Édouard Philippe explique : "Il ne faut faire preuve d'aucune naïveté, je suis extrêmement prudent": 

On estime qu'il y a encore 680 Français sur zone, plus 500 enfants 

Sur le verdict du procès Merah

"On va se trouver très rapidement à la frontière de la sévérité nécessaire pour conserver entier le tissu national face a des hommes et des femmes qui veulent le remettre en cause", estime le Premier ministre. 

"Le fait que le frère de ce monsieur [Abdelkader Merah, NDLR] ait eu un procès équitable, qu'il ait  pu répondre des ces faits, qu'il ait été défendu avec talent, (...)même pour ces actes, faire en sorte que notre pays reste attaché à des procédures judiciaires parfaites est important".

Sur le malaise des forces de l'ordre

"Il faut mesurer l'incroyable pression de ceux qui se trouvent en première ligne pour défendre notre pays. Nous demandons énormément aux policiers aux gendarmes, reconnait Édouard Philippe qui ne veut pas prendre à la légères ces suicides : "Je prends ces chiffres très au sérieux et les réalités individuelles qu'elles représentent".

Sur la réglementation des réseaux sociaux

La France a "engagé des discussions" avec les "grands hébergeurs", dont Twitter, pour agir plus efficacement contre les menaces proférées sur les réseaux sociaux et sanctionner auteurs et plateformes, a déclaré lundi Edouard Philippe. "La loi française leur impose, dès lors qu'ils ont connaissance de ce que ces messages sont imprimés sur leurs réseaux sociaux, de les masquer ou les enlever. Nous voulons faire en sorte que les grands réseaux sociaux améliorent très nettement le délai de réponse lorsque le signalement a été fait", a-t-il expliqué.  "Sinon c'est leur responsabilité qui doit être mise en cause et cette responsabilité existe dans le texte de loi, il y a déjà des amendes qui sont prévues, donc moi je veux faire respecter ces dispositions-là"

Il est hors de question que nous acceptions durablement que l'anonymat de ces plateformes puisse permettre à quiconque de dire n'importe quoi et notamment des choses abominables en toute impunité

Sur les mesures étudiées par le gouvernement pour sanctionner les agressions sexuelles

Un système de pré-plainte sur internet pour des victimes d'agressions sexuelles est évoqué, encore à l'étude : "dispositif pas encore arrêté", précise le Premier ministre. "Nous voulons avancer pour plus de rapidité et plus de fermeté (...) nous ne voulons pas accepter cette dérive qui fait qu'on s'habituerait à ce mouvement, qu'on détournerait les yeux".

Sur les fraudes fiscales révélées par les Paradise Papers

Derrière toute fraude fiscale, il y a une entorse a notre pacte républicain. Il faut donc être extrêmement actif contre la fraude (...) Après les Panama Papers, la France est probablement l'un des pays qui a pris le plus d'initiatives, elle n'est pas restée inactive face aux révélations (...) Il faut une coopération internationale", reconnait Édouard Philippe.

Nous avançons sans doute trop lentement, mais avec beaucoup de volonté en la matière 

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