La comédienne présidera le jury de la Caméra d'or pour le 70e Festival de Cannes, elle est notre invitée aux côtés de Thierry Frémaux le délégué général du Festival

Sandrine Kimberlain (cérémonie des 70 ans du Festival de Cannes) / Thierry Frémaux (Cannes 2016)
Sandrine Kimberlain (cérémonie des 70 ans du Festival de Cannes) / Thierry Frémaux (Cannes 2016) © AFP / Philippe Lopez / Alberto Pizzoli

Au lendemain de la révélation de la sélection du Festival de Cannes, la comédienne Sandrine Kiberlain, qui présidera le jury de la Caméra d'Or (qui récompense le meilleur premier film) est l'invitée de Patrick Cohen ce vendredi. "Ce qui m'intéresse beaucoup avec la Caméra d'Or, c'est l'élan des premiers films", a-t-elle expliqué.

Elle-même a tournée dans plusieurs premiers films de jeunes cinéastes : "Sur le tournage d'un premier film, il se passe quelque chose de différent, il y a un élan qui ne sera plus jamais là", explique-t-elle. Elle se dit aussi spectatrice de premiers films, mais pas seulement : "Quand on passe d'une salle où on voit La La Land à une petite salle où on voit un documentaire, c'est ça qui est passionnant", dit-elle.

"J'étais montée sur la table"

"Mon rapport au cinéma a changé avec les années, on prend conscience de ce qu'est une équipe, l'enjeu d'un film", raconte la comédienne qui se souvient avoir déjà pris vivement position pour un film : "En 2001, j'étais montée sur la table pour défendre "La Chambre du Fils", face à Terry Gilliam qui avait du mal à assumer le fait de pleurer au cinéma. Il considérait que c'était une émotion facile, on lui disait que c'était difficile d'émouvoir avec un thème aussi tragique, sans que ce soit larmoyant ou pathos".

Alors que le Festival de Cannes commencera dans un contexte politique particulier, juste après la fin de l'élection présidentielle, Sandrine Kiberlain ne se prononce pas en faveur d'un candidat en particulier : "Je n'ai jamais été pour m'engager publiquement pour qui que ce soit", explique-t-elle, tout en déclarant : "J'espère qu'on reste assez nombreux à sentir le danger de certains".

Trois figures culturelles en compétition

La comédienne a été rejointe par le délégué général du Festival de Cannes, Thierry Frémaux, pour la deuxième partie de l'interview : "Cette sélection donnera une bonne photo de ce qu'est le cinéma aujourd'hui", assure-t-il, même s'il reconnaît que "c'est toujours difficile : quand on met des concurrents ensemble sur le 100m on sait qui est le plus rapide, au cinéma c'est plus difficile".

Alors que trois des quatre films français sélectionnés cette année évoquent "des figures importantes de notre culture contemporaine" (Barbara, Jean-Luc Godard et Auguste Rodin), le "patron" du Festival trouve qu'il y a "quelque chose d'attendrissant de voir un cadet [Michel Hazanavicius, ndlr] consacrer un film à son aîné", en l'occurence Jean-Luc Godard.

Trop politique, le Festival ?

Le Festival de Cannes est-il trop politique ? Non, selon Thierry Frémaux : "Ce n'est pas le festival qui est politique, ce sont les artistes !" affirme-t-il, donnant l'exemple d'un "film slovaque qui montre l'immigration à l'intérieur de l'Europe de l'Est. C'est un artiste qui nous prend par la main pour nous parler de sujets dont on ne parle pas, en une heure et demie c'est une histoire romanesque mais qui nous parle de qui nous sommes".

Quid de l'absence de Roman Polanski dont le nom avait pourtant été évoqué ? "Parfois on s'étonne de l'absence de gens dont il n'a jamais été question qu'il soient là. Roman Polanski est encore au travail sur son film, qu'il a fini de tourner en décembre dernier". Mais il dit espérer que le film puisse être montré : "On peut ajouter des films à la sélection jusqu'à la veille de l'ouverture", précise-t-il.

Jessica Chastain parmi les membres du jury

Quant au jury, qui sera présidé par Pedro Almodovar, la liste des membres du jury a été arrêtée mais elle reste secrète pour l'heure... mais Thierry Frémaux a accepté de révéler l'un des noms : "Jessica Chastain, qui a été découverte à Cannes dans "Tree of Life", fera partie du jury".

Autre particularité cette année, la présence de Netflix dans les gros producteurs, et d'une série au programme du festival ("Twin Peaks" de David Lynch) : "Nous entrouvrons la porte à la télévision, mais ça ne veut pas dire qu'il y aura une section télévision", prévient Thierry Frémaux, qui se dit cependant très intéressé par le fait que de gros opérateurs comme Amazon, et des pays en pleine expansion comme la Chine, s'intéressent au cinéma. "A Cannes on se fait l'écho de ce dialogue", dit-il.

Revoir l'interview intégrale (en deux parties) de Sandrine Kiberlain et Thierry Frémaux

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