Jean Glavany, député PS de longue date dans les Hautes-Pyrénées, éliminé ce dimanche après trois mandats, est l'invité de Patrick Cohen pour parler de l'avenir du Parti Socialiste.

Jean Glavany
Jean Glavany © Getty

L'ancien chef de cabinet de François Mitterrand, ex-ministre de l'agriculture, vient d'être brutalement éliminé au premier tour des législatives : "Il faut regarder les choses avec distance [...] Le peuple est cohérent, veut donner une majorité au président. Ensuite il y a le mode de scrutin, majoritaire qui amplifie cette vague".

Ensuite, il évoque la stratégie LREM :

Le positionnement de LREM est subtilement central, et diablement efficace : s'allier avec la droite pour battre la gauche et s'allier avec la gauche pour battre la droite, c'est imparable pour gagner sur tous les tableaux

Jean Galavany évoque la situation de sa circonscription, la seule où "LR n'a pas présenté de candidats" : "c'était : on soutient LREM pour éliminer Glavany", explique l'ancien ministre.

J'avais l'impression d'être un salaud parce que j'osais me présenter. Il y a dans les réseaux sociaux des mots d'une violence inouïe

"J'ai essayé, dans ma campagne, de travailler avec ma raison. J'ai dit oui je soutiendrais Macron car il y a des grands défis que se posent dans le pays [comme celui] su terrorisme, du chômage de masse de l'Europe (...) on a pas le droit de rester au bord du chemin (...) notre devoir c'est d'aider le président à réussir sinon c'est madame Le Pen dans cinq ans ou dans dix ans". Mais, poursuit Glavany, "il n'y avait pas de place dans ce débat pour dire 'Je suis loyal mais libre'".

En revanche, l'ex- ministre concède que, dans sa tournée dans les mairies, de chaque commune de sa circonscription, il n'a "pas senti ça", mais parce qu'on ne sentait rien (...) Un jeu d'étiquettes a joué" :

Il faut savoir perdre avec dignité et élégance. J'ai un profond respect pour le verdict des urnes, un démocrate ne peut pas faire autre chose

Jean Glavany évoque en creux les réactions amères d'Henri Guaino ou Thierry Mariani après leur défaite, et concède : c'est la défaite des partis anciens, et plus encore du PS. "Dire collectivement que c'est la faute à pas de chance serait d'une irresponsabilité formidable".

"On a manqué d'incarnation de la République au plus haut niveau de l'état. Beaucoup de Français se sont sentis perdus par rapport à ça". Et Jean Glavany, ex-chef de cabinet qui a assisté aux premiers pas de François Mitterrand comme président, est interrogé sur l'incarnation de la République exercée par le nouveau chef de l'État, et dresse un constat sans appel :

> Il n'y a pas grand\-chose à dire. [Macron] a plus incarné la République en un mois que Hollande en cinq ans Pourtant "l'idéal social\-démocrate est plus moderne, plus nécessaire que jamais à la société française, estime Glavany, il faut savoir comment on va le faire renaître mais je crois toujours à cet engagement\-là, plus que jamais".
Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
  • 0145247000
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.