La tension monte entre Ankara et Amsterdam après le refoulement de ministres turcs aux Pays-Bas. Hubert Védrine, ex-ministre des affaires étrangères, est l'invité de Patrick Cohen.

Hubert Védrine, Palais de l'Elysée - 14 novembre 2012
Hubert Védrine, Palais de l'Elysée - 14 novembre 2012 © AFP / Lionel Bonaventure

L'ancien ministre des affaires étrangères imagine un plan pour éviter une dislocation de l'Europe dans son dernier ouvrage "Sauver l'Europe" (Ed. Liana Levi).

"Dans l'Europe d'aujourd'hui, le soutien au projet européen est devenu minoritaire", explique Hubert Védrine, "La réponse à ça n'est pas dire 'On continue quoi qu'il arrive", mais qu'on fasse une pause pour écouter les peuples" :

"Schengen doit être remis en marche vite, mais sur l'intégration, il faut avoir le temps d'écouter, pour casser l'idée, dans une partie des populations, que c'est un rouleau compresseur qui ne s'arrête jamais".

Il faut faire une proposition (...) pour que l'Europe ne s'occupe plus de tout et de rien dans un détail intrusif, mais aie deux ou trois grandes missions d'avenir

Sur la percée populiste en Europe, en particulier aux Pays-Bas

"Ce n''est pas tout à fait récent, il y a eu plein d'avertissements sur ces questions. Il est temps d'entendre ça, pas pour s'aligner sur les demandes les pires, mais parce qu'il n'y pas de réponses raisonnables, par exemple sur les contrôles d'immigration".

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Sur la position de l'Europe face à la Turquie

"La vraie question, c'est que les Européens ne savent plus quoi avec la Turquie en général, indépendamment de l'affaire de la campagne [électorale aux Pays-Bas]

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"On a fait cette promesse [d'entrée de la Turquie dans l'Union] dans un moment d'euphorie. C'était déjà une promesse un peu mensongère" (...) Je ne crois pas qu'on soit en état psychologique et politique de le faire là mais un jour où l'autre il faudra le dire aux Turcs. Vous êtes un immense partenaire stratégique, on va renégocier les choses, mais là on peut pas le faire (...) On leur ment aussi, quelque part, et ça c'est pas bien".

Il faut assainir la relation avec la Turquie

"C'est dur à vivre pour les Occidentaux, qui se sentent toujours animé de bonnes intentions sur le sort des autres. Ce serait bien si ça marchait, mais on a pas tellement de levier sur la Turquie".

Sur la campagne électorale en France

Aujourd'hui, il se peut que le candidat socialiste, et celui de la droite ne soient pas au second tour. Le simple fait que ce soit possible, ça, c'est un tournant

Sur l'éventualité d'un Frexit

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