François Dubet, sociologue, professeur émérite à l’université de Bordeaux et directeur d’études à l’EHESS, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

François Dubet en janvier 2015
François Dubet en janvier 2015 © Maxppp / Christophe Morin

Au lendemain de la présentation par le ministre de l'Education Nationale, du projet de réforme du bac, François Dubet, sociologue spécialiste de l'école et de la marginalité juvénile, répond aux questions de Nicolas Demorand sur la philosophie de la réforme proposée par Jean-Michel Blanquer et de sa politique éducative en générale. Ils reviennent également sur les moyens de faire la liaison entre lycée, enseignement supérieur et monde du travail. 

Au sujet du ministre de l'éducation nationale, Jean Michel Blanquer, le chercheur déclare qu'il faut "constater que Fillon s’était heurté à une menace de grève du bac, que Darcos a laissé sa réforme dans les tiroirs, que Jospin a essayé et qu’Allègre a mis les lycées à feu et à sang. Et là ça passe. Il y a ce sentiment que le système était à bout de souffle."

Pour lui, c'est bien la preuve que "les Français en matière d'école sont conservateurs.  Ce ministre a une capacité d’action qu’aucun de ces prédécesseurs n’ont eu depuis 30 ans. "

Pourtant, tout ce qu’il a dit, explique François Dubet,  "n’est en rien une révolution, et peut être même pas une contre révolution. "

Seule exception,  la réforme du bac qui est d’après lui est un changement considérable car "cela introduit l’individualisation du diplôme". 

Chaque candidat aura sa propre singularité et sa propre valeur. C’est une réforme libérale. 

Selon, lui ce principe n’est pas contestable : "Les pays qui font ça ont plus d’égalités sociales que la France."

Le risque existe des inégalités de recrutement entre les établissements. Il y a aussi un risque technique pour le contrôle continu, "seule la réputation du lycée risque de compter". François Dubet "si vous notez les élève localement, vous créez une norme locale" et avertit François Dubet, cette norme locale ne sera pas la même en fonction du lieu où se trouve le lycée. et si les normes ne sont pas les mêmes vous prenez le risque que seule la réputation du lycée fasse la différence.  

"Je pense que les sciences économiques et sociales sont aussi utiles au citoyen que le mythe de la caverne" estime Dubet. Il risque d'y avoir de fortes tensions entre les matières.  

Dubet salue l'action du ministre partiellement seulement : "Je dis chapeau l’artiste parce qu’il a fait l’exploit mais il a aussi donné des gages forts aux conservateurs... Il y a une certaine indifférence au thème de l’inégalité scolaire qui fait plus que me choquer. "

Comment qualifier politiquement ces réformes de l'éducation nationale. " Il s’adresse au Figaro Magazine de manière plus que suivie. En même temps il est très Macronien. C’est un choix politique. "

Pour le moment, on est dans une forme d’incertitude, juge François Dubet, un sentiment général domine celui que "Blanquer ne sautera pas dans les 6 mois".

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