Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

L' ancien Premier ministre est catégorique: la politique d'Emmanuel Macron est une politique de droite. Il est dubitatif quant à ce nouveau monde qui prône la fin du clivage "droite-gauche". Bernard Cazeneuve raconte ses derniers mois aux côtés de François Hollande dans son livre "Chaque jour compte. 150 jours sous tension à Matignon" aux éditions Stock.

Pour lui, il n'y a pas "d'ancien et de nouveau monde", et cette une nouvelle majorité a malgré tout "quelques mauvaises habitudes", qui comprend parfois "les plus mauvaises de l'ancien monde".

Un peu de sobriété et de modestie dans l'exercice du pouvoir peut être une porte ouverte sur la modernisation nos institutions

Le rôle de ceux qui sont en responsabilité doit être d'avoir une parole mesurée (...) Ce qui réveille c'est l'efficacité et le résultat en politique. Beaucoup de sobriété pour beaucoup de résultat vaut mieux que beaucoup de transgression pour beaucoup de résultats".

Revenant sur l'allocution télé du président, il l'a trouvé "prévisible", "tel qu'en lui même", déplore aussi que "dans la politique mise en oeuvre, il y a une préoccupation de la justice que je ne vois pas suffisamment".

On ne doit pas avoir dans ce pays le sentiment que l'injustice gagne,(...) sinon dans l'esprit des Français, 'réforme' voudra dire 'recul'

Dans ouvrage, Bernard Cazeneuve dresse le portrait de son successeur Gérard Collomb :

A force d'égotisme, de narcissisme, ce sont les institutions qu'on affaiblit

Bernard Cazeneuve revient aussi sur la notion de loyauté, "une vertu cardinale" en politique, selon lui :

Aujourd'hui quand je vois des responsables politiques , comme Mélenchon, qui, sur un certain nombre de sujets (...) convoquent toutes les colères, quand la gauche est le parti des indignations justes, alors oui, on a cassé tous les codes

Bernard Cazeneuve qui estime aussi que "La gauche a perdu les élections parce qu'elle n'a pas réussi a mettre en perspective (...) tout ce qu'elle a fait".

"J'admire ceux qui ont des certitudes, qui pensent que la politique qu'ils mènent est la seule possible", poursuit -il sans pour autant citer le nouveau gouvernement, estimant au passage qu'"en politique on est les héritiers de ce que d'autres ont fait auparavant".

La politique c'est pas seulement un exercice de com' à son avantage, c'est un exercice d'implication sur la durée

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