Le directeur général d'Ipsos, Brice Teinturier, est revenu ce lundi sur l'abstention record qui a marqué ces élections législatives et sur une majorité donnée sans adhésion.

Brice Teinturier au micro de France Inter
Brice Teinturier au micro de France Inter © Radio France

Une majorité absolue pour la République en Marche (REM) et une abstention record. L'heure est au bilan à l'issue du second tour des élections législatives. Brice Teinturier, directeur général d'Ipsos France, a détaillé au micro de Patrick Cohen les enseignements à tirer du vote, de ce dimanche comme de toute la période électorale qui s'achève.

Brice Teinturier a d'abord expliqué la vague moins forte que prévue de députés de la REM. Crédités de 415 à 455 sièges dans les projections, ils sont finalement 350 à avoir été élus. Un chiffre moindre, même si le mouvement d'Emmanuel Macron parvient, y compris sans le MoDem, à obtenir la majorité absolue dans l'hémicycle, à attribuer à une remontada de la droite : "Il y a toute une série de députés de droite, explique-t-il, qui étaient en difficulté et qui à l'arrivée ont considérablement remonté leur niveau entre les deux tours."

L'autre vrai élément notable, c'est cette abstention record, au premier comme au second tour des législatives. Avec 57,36% d'électeurs qui ont boudé les urnes, la légitimité de l'Assemblée nouvellement élue peut être remise en cause par les opposants au pouvoir. Mais pas seulement. Brice Teinturier interprète la forte abstention comme constituée "pas seulement d'opposés au pouvoir", mais aussi d'électeurs qui ne se sont plus sentis concernés, une fois leur candidat éliminé au premier tour. Il juge qu'il "a un problème d'offre dans les circonscriptions où vous n'avez plus votre candidat."

"Un Président sous surveillance"

Le comportement des électeurs, enfin, est très significatif. Ils sont nombreux à avoir donné une majorité absolue à Emmanuel sans pour autant adhérer massivement à ses idées. Si l'adhésion est faible (11% des sondés seulement), la volonté, en revanche, "est de donner à ce pouvoir les moyens d'agir". "C'est un Président sous surveillance qui sort de ce second tour : on lui donne sa majorité, ça ne veut pas dire un chèque en blanc" résume le directeur d'Ipsos.

Une volonté d'agir qui s'associe à un rejet des partis traditionnels, et "sans regret". Avec 45 députés à gauche, le Parti socialiste réalise un score pire qu'en 1993 et les 57 députés qui siégeaient alors. Même phénomène pour LR et l'UDI. Bien que finalement épargnée, la droite compte sur moins de siège que lors de sa lourde défaite de 1981.

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