Marc Fauvelle reçoit Frédéric Encel, docteur en géopolitique et Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique.

La police turque sécurise la zone où l'ambassadeur russe en Turquie, Andrey Karlov, a été assassiné, Ankara, Turquie.
La police turque sécurise la zone où l'ambassadeur russe en Turquie, Andrey Karlov, a été assassiné, Ankara, Turquie. © Maxppp / STR/EPA/MaxPPP

Après l'attentat au camion perpétré sur un marché de Noël, quelques heures seulement après le meurtre de l'ambassadeur de Russie à Ankara, Frédéric Encel, spécialiste du Moyen-Orient, et Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique, reviennent sur ces derniers évènement qui secouent le fragile équilibre géopolitique entre Russie et Turquie.

Les deux chercheurs préviennent avant toute chose : il n'y a pas forcément de liens entre ces événements :

Mais pour Frédéric Encel, l'objet de l'attentat de Berlin est assez clair :

Quelques heures plus tôt à Ankara (Turquie), la Russie perdait son ambassadeur, assassiné -selon les propos tenus par le meurtrier- au nom des victimes d'Alep ". Bruno Tertrais tempère : "aucun des deux protagonistes n'a intérêt à mettre de l'huile sur le feu", mais :

"Je pense que Vladimir Poutine aura encore moins d'humour qu'auparavant avec la Turquie, explique Frédéric Encel quant à ce meurtre très médiatisé d'Ankara , "Vladimir Poutine est un homme d'état qui doit tenir compte de son opinion publique (...) Permettre ce type d'attentat gravissime contre un ambassadeur de Russie, ça risque de ne pas passer. Cela signifie bien de façon générale que la Turquie est allé peut-être trop loin mettre les doigts dans l'engrenage irakien et syrien"

Pendant au moins deux ans, la Turquie a été extrêmement complaisante avec l'islamisme radical (Frédéric Encel)

Sur le rôle de la Russie en Syrie

Quelques heures avant ces deux événements, la Russie venait enfin d'accepter la résolution portée au Conseil de Sécurité de l'Onu d'envoyer des observateurs internationaux en Syrie. Pas un revirement de Moscou mais simplement une gestion tactique, selon Bruno Tertrais :

Interactiv'

Quand une auditrice fait remarquer que les terroristes semblent viser davantage un mode de vie plutôt que l'Occident chrétien Frédéric Encel reconnait : "le terrorisme actuel est considéré comme une barbarie par une grande partie du monde musulman".

Sur le soutien de la Russie à Bachar El Assad

"Le problème c'est que Vladimir Poutine n'a pas dit qu'il maintiendrait Bachar El Assad à la tête du pouvoir" explique Bruno Tertrais.

Sur le salafisme

"C'est une secte, qui doit être combattue comme telle" selon Frédéric Encel.

Fredéric Encel qui reste "relativement optimiste" sur la fin prochaine du conflit en Syrie, et particulièrement à Alep : "Tout simplement parce que la victoire [de Bachar] est quasi totale. Les chaînes des quatre villes principales de Syrie sautent aujourd'hui".

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