Matinale spéciale au coeur du TGI de Créteil, une des plus grandes juridictions de France : comment rend-on la justice au quotidien lorsque les tribunaux manquent de moyens?

Le palais de justice de Créteil
Le palais de justice de Créteil © Maxppp / WOSTOK PRESS

Les invités, Stéphane Noël, président du TGI de Créteil, Laurence Roques, avocate au barreau de Créteil, et Matthieu Bonduelle, juge, ancien secrétaire général du syndicat de la magistrature, reviennent sur la situation représentative du Tribunal de Créteil, qui rassemble les maux dont souffre l'ensemble de la justice française.

Stéphane Noël, président du TGI de Créteil explique par exemple : "Ici, les affaires familiales représentent 50% des affaires". Laurence Roques, avocate au barreau de Créteil poursuit : "Le divorce par consentement mutuel a été simplifié, mais c'est seulement 2% des divorces". Et le constat fait par Matthieu Bonduelle est sans appel : "Quand l'instruction est terminée, le procès arrive deux ans après. On ne va pas dire que tout va bien".

Le gouffre de la bataille contre le cannabis

Matthieu Bonduelle, vice-président du tribunal de Créteil reconnait la frilosité de l'exécutif sur la question judiciaire :

Les politiques ont un peu de mal avec l'idée de l'indépendance de la magistrature

Et Laurence Roque poursuit, sur le budget alloué à la justice française :

Sur la justice des mineurs

Retour sur la proposition de François Fillon d'abaisser la majorité pénale à 16 ans : " une mauvaise idée" pour Matthieu Bonduelle, qui explique que cette justice là est une "justice d'invidualité", qui tient compte du parcours de chacun. "C'est la même rengaine, depuis des années, sur les mineurs violents( ...) Bien sûr que les mineurs sont sanctionnés entre 16 et 18 ans si besoin (...) En dessous de 13 ans, précise-t-il, on peut prendre des mesures éducatives, mais pas de sanctions". Pour Laurence roque, "s'il y a une justice des mineurs à qui donner des moyens c'est celle-là" :

Patrick Cohen recevait aussi à 7h20 Laure Beccuau, la Procureure de la République de Créteil : "C'est une juridiction sous dimensionné en terme de locaux et d'effectifs (...)parfois on fait du point de croix", explique-t-elle. "Quand les effectifs le permettent, on fait des audiences supplémentaires(...) il faut aussi 'gérer les flux' (...) Le trafic de stupéfiant, dans le département, est une problématique qui ne doit pas faire disparaître les autres".

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.