Elisabeth Borne, Ministre auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, est l'invitée de Pierre Weill.

Sur le départ du général de Villiers de l'état-major des armées, la ministre estime qu'il était nécessaire : "il ne peut pas y avoir un désaccord stratégique entre le chef des armées et le chef d'état-major. Les Français attendent des résultats, et pour avoir des résultats, il faut que tout le monde soit aligné."

Dans le cadre de ses fonctions, Elisabeth Borne souhaite qu'on fasse "une pause" pour tous les grands projets, notamment ferroviaires, pour se recentrer sur ce qui pose problème au quotidien dans les déplacements. "Il y a un paradoxe : alors qu'on inaugure deux lignes à grande-vitesse, 5.300 km de lignes font l'objet de ralentissement. Aujourd'hui, 40 % des Français n'ont d'autre solution que la voiture, et ils vivent la congestion au quotidien. C'est inacceptable." Il y a aussi un certain pragmatisme dans cette décision : "nous sommes face à une impasse financière", reconnaît la ministre. "Mais il y a de nouvelles mobilités, de nouvelles solutions. Je lancerai à la rentrée des assises de la mobilité."

Taxer les poids-lourds, accompagner la concurrence dans le rail

Quid des participations de l'État dans de grandes entreprises du transport, en cette période de restriction budgétaire ? "On a une réflexion évidemment sur les participations de l'État. Ce sera examiné avec le ministère de l'Économie." Une source possible de revenus, tout comme la taxation des poids-lourds : "Il est paradoxal que de très nombreux poids-lourds traversent le pays sans financer les infrastructures. On ne va pas refaire l'écotaxe mais on ne peut pas s'interdire de réfléchir à ce sujet."

Du côté du rail, Elisabeth Borne rappelle que "l'ouverture à la concurrence pour le TGV se fera au plus tard en 2020, et en 2023 pour les TER", mais espère qu'on évitera un "grand soir" de la SNCF avec une ouverture du jour au lendemain à la concurrence. "Nous voulons permettre aux régions qui le souhaitent d'ouvrir leurs TER à la concurrence progressivement. Il y a dans cette ouverture à la concurrence des tas d'enjeux, dont des enjeux sociaux. Je désignerai prochainement une personnalité de haut niveau pour discuter avec l'ensemble des acteurs." Les bus de la RATP, eux, seront "mis en concurrence fin 2024".

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