Philippe Sansonetti, médecin et chercheur en microbiologie, Professeur au Collège de France, auteur de "Vaccins" (Odile Jacob), est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20.

La loi de financement du budget de la Sécurité Sociale votée le 4 décembre rend obligatoires onze vaccins pour les enfants à naître à partir du 1er janvier 2018,  afin notamment de lutter contre la méfiance grandissante envers les vaccins. Philippe Sansonetti, médecin et chercheur en microbiologie, Professeur au Collège de France, auteur de « Vaccins » (Odile Jacob), revient sur cette nouvelle obligation au micro de Nicolas Demorand. 

Philippe Sansonetti : "L'enjeu, c'est d'informer les concitoyens et qu'on forme nos médecins"

Pour le médecin et chercheur, l'augmentation de la défiance est réelle. "Il faut informer les citoyens et former nos professionnels de santé"

Il y a eu des marqueurs au sujet de cette défiance, explique le chercheur notamment "l'étude anglaise qui a montré que 41% des Français doutaient de la nécessité des vaccins". 

"Les vaccins ça marche, les vaccins c'est moins dangereux que ce que certains veulent bien dire", martèle Philippe Sansonetti.

Aujourd'hui l'absence de visibilité des effets de ces maladies infectieuses dans nos sociétés est paradoxalement une des raisons de cette méfiance, "mais c'est grâce à ces vaccinations que ces maladies ont disparu" explique le scientifique. 

A partir du 1e  janvier 2018, l'obligation vaccinale existe pour 11 vaccins, pourquoi obliger ? " Il y avait urgence, c'était une lutte contre la montre, il fallait casser cette dynamique de dégradation de la couverture vaccinale".

Philippe Sansonetti : "Les médecins sont dans une situation difficile face à des parents inquiets"

Le chercheur rappelle que les médecins sont dans une situation difficile, "ils doivent rassurer des parents inquiets". Cette inquiétude est due à une campagne anti-vaccin qui sont parfois "scandaleuse".

Philippe Sansonetti : "La défiance vaccinale est en train de progresser"

Les vaccins désormais obligatoires sont au nombre de 11. "Ces vaccins on ne les a pas sortis du chapeau. Ce sont des vaccins qui existaient déjà et qui étaient administrés à une grande proportion de enfants". 

"On voit réapparaître des maladies infectieuses, comme la rougeole" explique Philippe Sansonetti. "Si on continue dans cette dynamique là, on va voir la situation médicale se dégrader dans une période où les hôpitaux souffrent"

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Onze vaccins seront obligatoires en France à partir du 1er janvier 2018 © Getty
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