L'ancien député PS, qui a rédigé les douze propositions du projet de loi Bayrou sur la moralisation de la vie publique, est l'invité de Patrick Cohen.

René Dosière
René Dosière

Après l'annonce de la démission de François Bayrou et Marielle de Sarnez, quelle réaction est-ce que cela évoque pour l'ancien député René Dosière, auteur d'une partie des mesures de la loi de moralisation politique justement défendue par François Bayrou ? "C'est une sorte de nouvelle jurisprudence, le Premier ministre nous avait dit que s'il y avait une mise en examen il n'y aurait pas de ministre, maintenant on entre dans une ère du soupçon qui suffit pour que les ministres soient conduits à démissionner, c'est une situation plus délicate à gérer", affirme-t-il.

"Il faut faire attention, parce qu'on n'est pas à l'abri de manipulations, de coups bas politiques", prévient-il. Selon lui, la décision annoncée mardi de Sylvie Goulard, "conforme au nouvel esprit que le Président souhaite influer", a "fait sauter le couvercle" et "rendait intenable la position de François Bayrou". D'autant plus que celui-ci devait porter le projet de loi de moralisation : "Je ne vois pas comment François Bayrou aurait pu défendre sereinement un texte portant sur la moralisation", explique-t-il. Celui-ci, selon René Dosière "n'était pas allé assez loin sur le financement de la vie publique : on voyait peut-être là le président de parti".

Zone grise sur le Parlement européen

Sur le fond de l'affaire, dans laquelle le MoDem est soupçonné d'avoir utilisé des collaborateurs parlementaires européens pour des tâches concernant le parti, il y a, selon René Dosière, "une zone grise" : "le parlement européen a fixé des critères, mais les assistants n'ont pas de locaux, ils ne sont pas organisés, on va les retrouver dans les sièges des partis", explique-t-il.

"On voit bien qu'il y a un besoin de préciser les choses. Quand le FN arrive au Parlement avec un certain nombre de députés, sa stratégie c'est de dire qu'ils vont fonctionner avec l'argent du Parlement européen : il va falloir que celui-ci s'en saisisse", affirme René Dosière.

Vers une convention collective pour les attachés parlementaires ?

Interrogé sur la question du statut des collaborateurs parlementaires, René Dosière affirme que selon lui "on peut avancer sur cette question, car le cadre juridique est fixé, il existe une association des députés employeurs qui peut négocier une convention collective".

"Il fut une époque où un certain nombre de comportements étaient admis sans que personne n'y trouve rien à redire", dit-il pour expliquer le fait que des personnalités comme François Bayrou aient accepté d'entrer au gouvernement. "De 1948 à 2002, tous les ministres du budget de la France ont été payés au black et n'ont pas payé d'impôts. Et tout cela était accepté par tout le monde ! Cela on ne l'accepte plus. C'est le progrès, rentrons dans ce monde nouveau !"

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