Cécile Alduy, professeure de littérature à Standford, et Bernard Cerquiglini, Professeur de linguistique à l'Université Paris VII sont les invités de Nicolas Demorand à 8h20. Ils répondent aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Féminisme, fake news, ubérisation, disruption... autant de mots que l'on a beaucoup entendu au cours de cette année 2017. Cécile Alduy, professeure de littérature à Standford, chercheuse au Cevipof et auteur de _Ce qu’ils disent vraiment. Les politiques pris aux mots (_Seuil), et Bernard Cerquiglini, Professeur de linguistique à l'Université Paris VII reviennent au micro de Nicolas Demorand sur les mots de l'année, les évolutions du langage public et politique et ce qu'elles révèlent de nos sociétés. 

Les mots de l'année : Bienveillance, uberisation et inclusive

Cécile Alduy retient le mot bienveillance. Il semblait neuf quand Macron l’a introduit dans ces discours. Il en fait l’instrument d’une politique pas si bienveillante. A USA est marqué à gauche, en France, il dépasse les clivages de la gauche vers la droite. 

Bernard Cerquiglini retient ubérisation comme le grand mot de l’année.  Et "inclusif" :  il y a un an c’était pour la grammaire, désormais c’est politique. 

La langue de Macron 

Emmanuel Macron manie un registre élevé, désuet et littéraire, et en même temps, il utilise des mots familiers, comme bordel et fainéant. 

Pour Cécile Alduy, la logique des discours de Macron montre sa vision économique de la société. Pour lui, régler les problèmes économiques  va amener une meilleure société.

L’enrobage stylistique, camoufle peu le style de la start-up nation qui aura des conséquences sociales par si désuétes que ça

Du coup, c'est le retour à la réthorique

Une auditrice interpelle Nicolas Demorand sur son tic de langage, "du coup". C'est une expression à la mode. De ce fait, se disait il y a longtemps de ce coup. 

Un auditeur insiste sur la dimension métalinguistique du discours politique. Exemple : la porte est elle ouverte ?  Je vais vous répondre , la question n'est pas là. 

Pour Cécile Alduy, "La candidature de Macron a été méta... il a passé la fin 2016 a commenté ce qu'était sa candidature, il a fait une méta campagne, plutôt que de parler de programme". Bernard Cerquiglini rappelle "que c'est de la réthorique. Ce sont des vieux trucs remis au goût du jour."

Le règne de l'euphémisation

Pour Cécile Alduy, "Inventer un monde sans friction, tout doit glisser, c'est le mode de la silicon valley, ça se fait par la langue. Cette euphémisation permanente ça nous fait passer de perquisition à visite domiciliaire. Les réalités difficiles apparaissent dans les écarts de langage comme "ceux qui ne sont rien". 

Les invités
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.