Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et candidate à la tête du Parti socialiste, est l'invitée de Nicolas Demorand ce lundi.

Ce lundi, le Tribunal de grande instance (TGI) examine le référé de Delphine Batho contre le Parti socialiste, dont elle brigue pourtant la tête. En cause, des "modifications statutaires" qui ne lui permettraient plus d'être candidate. "Le PS a subi une déroute, pour beaucoup de Français la page est tournée, dans une situation politique comme celle-là il doit y avoir un processus d'écoute, au lieu de cela on a une logique de bunkerisation de l'actuelle direction", déplore-t-elle. "Je n'avais pas prévu d'être candidate, je le suis parce que le PS appartient à ses adhérents", explique l'ancienne ministre. 

"Seuls les courants, les clans, déjà installés, auraient le droit de défendre des idées : c'est quelque chose que je combats, politiquement et juridiquement"

"Ce qui lie ces dirigeants entre eux, c'est un système de captation du PS, et peut-être des moyens du PS", déclare celle qui affirme qu'elle ne lâchera rien, et pour qui la décision de justice ne sera pas le dernier jour du combat. "Vous ne pouvez pas dire que vous êtes une formation qui se bat pour la démocratie et bafouer la liberté du débat en votre sein", dit-elle, ajoutant : "Je ne peux pas être complice de ce qui s'apparente à la confiscation d'un outil dont les citoyens ont besoin". 

Unité avec Hamon et Mélenchon ? 

Après une année 2017 marquée par un profond bouleversement du paysage politique, "il n'y a pas de raison que dans cette volonté de chamboule-tout il y ait une citadelle qui se renferme sur elle-même, qui serait le PS". Et ce d'autant plus que face à l'exemple allemand, "il faut réfléchir à l'identité d'une force progressiste de gauche : tant qu'on ne redonne pas une identité claire à ce qu'est une gauche de gouvernement au 21e siècle, on sera pris en tenaille entre le fait d'être dans la contestation et celui d'être une force d'appoint". Et elle dit recevoir "des dizaines de témoignages de militants qui ressentent cette confiscation", ajoutant que selon les nouvelles règles qui doivent être adoptées, "le contenu des textes ne serait plus libre dans le débat du congrès". 

Après l'élection, quelle unité entre les différents courants ? "Dans la situation dans laquelle on est, ce qu'il faudrait faire, c'est rendre cet outil à ses adhérents. Ce sont eux qui créent la légitimité dont vous parlez", répond la députée. Et pourquoi pas un rapprochement avec Benoît Hamon, parti créer son propre mouvement ? "Il n'y a pas d'avenir dans l'émiettement de la gauche, la régénération passe par le fait de tenir ensemble les deux bouts, celui des espérances nouvelles, et celui de la crédibilité, d'être un parti de gouvernement. Si le PS se remet en mouvement aujourd'hui nous pourrons éviter cet émiettement", explique-t-elle.

"Je n'ai jamais cru à la fin du travail, je crois à la nécessité du travail pour avoir un revenu. Je n'oppose pas le travail aux entreprises, mais je suis en désaccord avec Emmanuel Macron sur la théorie du ruissellement".

Interrogée sur la place de la France Insoumise à gauche, Delphine Batho explique que selon elle, "beaucoup de citoyens n'attendent pas qu'une contestation de la politique d'Emmanuel Macron ; Jean-Luc Mélenchon ne s'inscrit pas dans la volonté de permettre à la gauche de devenir majoritaire", justifie-t-elle. 

"Ce qu'il se passe à Calais est insupportable"

Invitée à réagir sur la tribune publiée par l'écrivain Yann Moix sur la situation des migrants à Calais, elle affirme par ailleurs : "C'est un témoignage d'autant plus important que la semaine dernière le président de la République a balayé du revers de la main ce que disent des associations qui sont à Calais. Une suite doit être donnée à cette tribune : Yann Moix doit être auditionné de toute urgence. On peut avoir tous les débats du monde sur la politique d'asile, mais il y a des principes humanitaires, de respect des droits de l'homme, qui sont fondamentaux, et ce qu'il se passe à Calais est insupportable".

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