Les deux candidats s'affronteront au second tour de la primaire à droite. Le point sur leurs programmes avec deux économistes, Robin Rivaton et Nicolas Bouzou.

Que disent les programmes économiques des deux candidats à la primaire
Que disent les programmes économiques des deux candidats à la primaire © Maxppp / Jean-François FREY

Les économistes Nicolas Bouzou, qui soutient Alain Juppé, et Robin Rivaton qui a voté Bruno Le Maire au premier tour de la primaire mais choisira François Fillon dimanche prochain, débattent autour des programmes économiques de l'un et l'autre des candidats. "On voit bien que le programme de François Fillon correspond à une attente légitime", assure Robin Rivaton.

Mais au-delà de cela, ses promesses sont-elles réalisables, et en particulier celle de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires ? "Oui, car il y aura 750.000 départs à la retraite, ce qui signifie que François Fillon recrutera 250.000 personnes" selon Robin Rivaton.

"En réalité on est sur le même type de mesures"

Au fond, quelles différences entre les programmes des deux candidats ? "On est tous d'accord pour dire qu'il faut réduire les dépenses publiques et que cela passe par le nombre de fonctionnaires", admet Nicolas Bouzou. "Entre les deux programmes, il y a surtout une différence d'ampleur et de vitesse dans l'action, mais en réalité on est sur le même type de mesures", explique l'économiste qui dit qu'au fond, il soutient les deux programmes.

Mais là où les deux candidats se distinguent vraiment selon Nicolas Bouzou, c'est sur leur capacité (ou non) à rassembler : "La question du rassemblement est absolument fondamentale, si vous voulez vraiment que ces mesures passent", avance l'économiste.

"Il faut une vraie rupture" selon Robin Rivaton, pour déclencher un nouveau dynamisme économique, des embauches et des investissements. Mais "quand vous menez ce type de politique, au début, c'est désagréable", ajoute Nicolas Bouzou. "Si vous réduisez la dépense publique, dans un premier temps c'est mauvais pour la croissance", dit-il.

Nicolas Bouzou affirme préférer que des gens rejoignent le marché du travail plutôt que d'entrer dans un chômage de longue durée, même si ce sont des emplois moins bien payés, comme dans l'exemple des "contrats à zéro heure" au Royaume-Uni.

Réduire les dépenses publiques va-t-il créer des emplois ? Oui, selon les deux économistes. "Quand on crée un emploi public, on supprime 1,5 emploi privé, cela détruit de la richesse", selon Nicolas Bouzou, qui nuance son propos en affirmant que ça ne se produit "pas sur le moment, mais au bout de plusieurs mois, voire plusieurs années".

"Depuis quinze ans, on n'a pas réussi à créer un seul emploi privé, on a créé des retraités et des fonctionnaires", selon Robin Rivaton. "La question qui est la nôtre, c'est de dire qu'on ne va pas supprimer des postes, on va faire un non-remplacement, et donc on va ouvrir des emplois qui n'existent pas dans le secteur privé". "L'augmentation du nombre de fonctionnaires s'est traduite par une montée des fonctions-support : dans l'Education on a plus de gens derrière les bureaux que devant les élèves", affirme Robin Rivaton, qui soutient lui aussi une baisse des dépenses.

Sur la question des retraites, l'idée d'unifier les régimes de retraite "fait consensus chez les économistes mais aussi dans une partie du corps politique, ainsi que l'allongement de la durée de cotisation", selon Nicolas Bouzou. "Et il faut mettre en place en même temps une vraie réforme du marché du travail", pour que toutes les politiques soient efficaces. Les deux candidats visent le seuil de 65 ans pour le départ à la retraite, mais "François Fillon l'atteint plus vite" explique Robin Rivaton.

"La pénibilité doit bien évidemment être prise en compte dans le domaine de la retraite", affirme Nicolas Bouzou qui plaide en revanche pour une suppression du compte pénibilité.

Favoriser la création d'entreprises

Que faire pour favoriser la création d'entreprises, alors que beaucoup de jeunes créateurs se reposent sur les allocations en attendant que leur entreprise soit rentable ? "Est-ce un mécanisme normal ou une voie de déviation parce qu'il est compliqué de créer une entreprise dans ce pays ? L'objectif, c'est de permettre à des créateurs d'entreprise de faire démarrer leur entreprise immédiatement", explique Robin Rivaton, qui rappelle qu'il n'y a pas de "proposition de supprimer les allocations chômage", avec une dégressivité à partir de 12 mois, ce qui n'empêche pas les jeunes créateurs de se reposer sur les allocations au lancement de leur activité.

"Si vous réduisez uniquement les dépenses publiques, vous allez déclencher une récession. Il faut diminuer les impôts en même temps. En réalité, à court terme, on réduira plus les impôts qu'on ne diminuera la dépense publique", assure Nicolas Bouzou.

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