Erik Orsenna, écrivain et académicien, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Erik Orsenna, écrivain et académicien, a remis un rapport sur une ouverture plus large des bibliothèques au public. Car, précise-t-il au micro de France Inter, "depuis des décennies, on sait que nous sommes très en retard". "Elles sont en général ouvertes quand on n’a pas la possibilité d’y aller."

La lecture, c’est l’émancipation, c’est l’école de la citoyenneté. Et tout ce qui peut permettre d’accéder à la lecture doit être encouragé.

Problème, rappelle Erik Orsenna, "en sixième, 1 élève sur 5 ne maîtrise pas la langue. Et 2,5 millions de Français ne sont pas à l’aise avec la lecture".

Autant de bibliothèques que de bureaux de poste

Pourtant "il y a presque autant de bibliothèques en France que de bureaux de poste. 16 500. Il y 38 000 bibliothécaires. La moitié de leurs visiteurs ne viennent pas pour lire un livre. Mais les bibliothèques ont étendu leur offre à ce qui correspond à la demande des gens, et ça les rapproche du livre".

L'académicien veut changer le "c’est pas pour nous" [le livre] en "pourquoi pas ?" En changeant, notamment, la façon dont le plus grand nombre perçoivent la bibliothèque. 

"Si la bibliothèque était vue uniquement comme la cité du livre, on ne pousserait pas la porte. Si l’on découvre que c’est un lieu de vie, un centre de service public culturel, une maison de l’humain, alors on pousse la porte."

8 millions d'euros mobilisés

"Pour ouvrir les bibliothèques le dimanche, la première responsabilité est celle de l’État", rappelle Erik Orsenna. Les bibliothèques universitaires, par exemple.

L’effort est aussi porté par les municipalités. Nous avons obtenu 8 millions de l’État pour les soutenir.

Alors comment ça va marcher ? On ne peut pas donner une règle commune de Dunkerque à Nice. Ce sont les élus qui décident. Mais plusieurs dizaines de projets sont déjà lancés.

Et un projet d'ouverture plus large des bibliothèques, plusieurs catégories de personnels sont mobilisées : "Les fonctionnaires, les emplois aidants – les moniteurs étudiants, par exemple, il n’y en a que 4 000. Et les bénévoles, ils sont plus de 80 000. En prison, certains n’ont pas accès aux livres faute de bénévoles."

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Erik Orsenna chez lui © Radio France / Vincent Josse
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