Pour la première fois 70 associations s'unissent autour de Nicolas Hulot et Thierry Kuhn (président d'Emmaüs) pour faire entendre la voix de la solidarité, à un mois du 1er tour

Nicolas Hulot en septembre 2016
Nicolas Hulot en septembre 2016 © Maxppp / Cottereau Fabien

France Inter accompagne le lancement de l'Appel des solidarités, porté par la Fondation Nicolas Hulot et Emmaüs. Soixante-dix ONG répondent à cet appel et définissent ensemble 500 propositions qui doivent guider le débat public.

Avec nous ce matin : Nicolas Hulot, Thierry Kuhn (Emmaüs) et Estelle Kleffert (Générations Cobayes). Face à Patrick Cohen, Nicolas Hulot a présenté cet appel qui réunit "un collectif de presque 80 ONG que nous avons réunies", à l'initiative notamment d'Emmaüs, pour "'essayer d'amener un supplément d'âme dans cette campagne".

Le collectif, qui se rallie autour du mot d'ordre "Présents !" et d'un signe, le doigt levé, pose la solidarité comme "une condition à la paix sociale" et non pas comme "une option". Cet appel est avant tout destiné aux citoyens, pour "faire en sorte que nous ne soyons pas guidés que par la peur, mais surtout par notre cœur", au moment de voter dans quelques semaines.

Mais "il n'y a pas de mépris des candidats, au contraire l'idée c'est de les aider", explique-t-il, affirmant avoir rencontré tous les principaux candidats dont François Fillon, auprès duquel il s'est "étonné que son bord politique, sur le thème de l'écologie, affiche une aussi grande indifférence".

Pour Nicolas Hulot, qui estime que l'écologie est une forme de "solidarité avec l'ensemble des êtres vivants", il faut montrer "la force qui s'oppose au repli sur soi, et faire de la dignité une valeur absolue".

"Comment voulez-vous partager la richesse quand elle se concentre dans les mains de quelques-uns ?" (Nicolas Hulot)

L'appel aux solidarités évoque des questions fiscales. Pour Nicolas Hulot, cela doit faire partie du dispositif : "Comment voulez-vous que la solidarité s'exprime en grand quand l'évasion et l'optimisation fiscales représentent l'équivalent de notre déficit budgétaire ?" interroge-t-il, appelant à "voir les choses en grand parce que la situation est critique".

Parmi les solutions envisagées, la fameuse taxe sur les transactions financières (la "Taxe Tobin"), souvent évoquée mais jamais mise en place : "Si on taxait les échanges purement spéculatifs à 0,1%, cela représenterait pour la communauté internationale des milliers de dollars", explique-t-il.

Colère et espoir

Rejoint ensuite par Thierry Kuhn, président d'Emmaüs France, et Estelle Kleffert de l'ONG Génération Cobayes, Nicolas Hulot a appelé à "résister au basculement vers une forme de résignation, d'indifférence".

Signalant une "vraie urgence sociale et écologique", Thierry Kuhn appelle à "emmener les citoyens vers un vrai projet de société solidaire". Le président d'Emmaüs France se dit autant en colère, car "des hommes, des femmes, des enfants, sont en situation d'expulsion, et les politiques ne s'en emparent pas", et plein d'espoir car "des millions de Français sont engagés au quotidien pour trouver des solutions".

Avec l'ONG Génération Cobayes, Estelle Kleffert tente d'aborder une autre voie pour la sensibilisation, plus joyeuse : "Quand on dit qu'il existe des menaces et qu'on ne peut rien y faire parce que notre mode de vie est mis en cause ça ne donne pas très envie de changer ses pratiques. Or il existe des solutions, et on peut les mettre en oeuvre dans la joie", explique-t-elle, assurant que "les jeunes sont présents, et ils ont envie d'agir dans la joie".

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