Le Royaume-Uni choisira-t-il de sortir de l'Europe? Matinale spéciale en direct de Londres avec nos invités britanniques pour commenter les résultats du referendum.

Le Royaume-Uni choisira-t-il de sortir de l'Europe? Matinale spéciale en direct de Londres avec nos invités britanniques pour commenter les résultats d'un referendum historique.

Avec nous ce matin :

Eddie Izzard , Humoriste engagé dans la campagne "REMAIN"

Alex Story, Coordinateur chargé des entreprises au sein de la campagne "LEAVE.EU"

Helen Drake, Politologue, chargée des études européennes à l'Université de Loughborough

Brent Hoberman, Entrepreneur, co-fondateur de lasminute.com

► A réécouter, les invités du 8h20, après l'annonce du Brexit validé par les citoyens du Royaume-Uni :

►A retenir :

Première réaction d'Eddie Izzard

« Ce n'est pas un jour positif pour le Royaume-Uni mais je vais rester positif »

Un vote xénophobe ?

EI : « La peur existe avec des gens qui disent : les immigrés arrivent demain et vont rester dans ta maison »

Alex Story : « Je suis né en France, ma mère est Autrichienne, mon père est Anglais ma femme est Allemande. Pour moi l'Union européenne ne peut pas représenter l'Europe, c’est une simplification théorique. Pour moi ce n’est pas une question d'immigrée, de xénophobie, c'ets une question de rejeter la nature de l'Europe » « Pendant 40 ans, on a forcé les gens d'accepter la régionalisation de leur pays alors que si on leur avait demandé directement, ils auraient dit non directement »

Ça ira mieux sans l'Union européenne ?

AS : « J'aime l'Europe, je suis européen, c'est pour cela que je suis contre l'Union européenne »

« On ne parle pas de l'Europe, on parle de l'Union européenne »

« L'Union européenne impose des choses qui ne sont pas débattues. »

« On a répondu à la question : qui voulez-vous avoir comme gouvernement ? On n'y a jamais répondu »

Première réaction de Brent Hoberman

« Comme la plupart des entrepreneurs, des jeunes, des gens qui pensent au futur et au passé, je suis triste »

« C'est une sorte de populisme contre les immigrés qui est triste »

« Les arguments n'ont pas été sophistiqués »

« On est une Nation de commerçants, on va se débrouiller. On s'approchera de la situation actuelle : on va rentrer dans le marché commun »

« On a une crainte de déficit énorme. On est là grâce aux investisseurs internationaux. Maintenant ils auront un problème de confiance pendant un certain temps. J'espère que ce sera bref »

La City restera la première place mondiale en termes de services financiers ?

BH : « Il y a déjà des banques qui disent qu'ils vont rapatrier 10 000 emplois vers Paris ou Francfort »

« A quel prix doit-on trouver une solution ? Va-t-on être puni par la Commission européenne pour décourager les autres ? »

L'avenir du parti conservateur ?

Dominic Grieve - « Il est très difficile de faire des prévisions sur ce qui va se passer. L'autorité du Premier ministre est atteint par le résultat. Comment, nous, parti politique, pouvons-nous traduire le désir d'une majorité ? Ils ont protesté de façon très nette. (…) Mais comment traduire leur désir en des mesures concrètes pour l'amélioration de leur qualité de vie ? Je n'étais pas en faveur du Brexit car je pense qu'il aura un mauvais effet sur leur qualité de vie : les revenus de l'Etat vont s'abaisser. Nous avons une situation où l'économie britannique était meilleure qu'ailleurs grâce à l'investissement : 24 milliards de livres sterling par an. Dans ma circonscription, des sociétés internationales se sont implantées parce qu'elles avaient la capacité de faire du commerce avec nous mais aussi avec le marché commun. Je crains que l'investissement ne disparaisse. Je m’inquiète de la réalisation du désir de l'électorat face aux réalités économiques ? L’autre problème est que les leaders du Brexit ne se sont pas présentés devant l'électorat en disant qu'il y aura des douleurs dans ce changement. Que va-t-il se passer s'ils ne réalisent pas leurs promesses, si l'économie se dégrade ? »

Impact sur la carrière de David Cameron ?

DG - « Il voulait un résultat avec un vote pour rester dans l'Union européenne. Il y a un déficit démocratique dans notre pays au sujet du développement de l'Union européenne et j'ajoute, dans tous les pays de l'Union européenne, alors je ne critique pas David Cameron pour avoir organiser le référendum »

DG - « J'ai des doutes qu'il puisse survivre, et j'ai des doutes qu'il veuille continuer »

Conséquences du Brexit ?

Helen Drake : « C'est un réveil que j'appréhende depuis des mois même si je ne voyais pas la victoire du « in » gagnée d'avance. En tant qu'universitaire je suis très déçue, je pense à mes étudiants, je pense à mes collègues qui ont consacré leur carrière à expliquer l'Europe »

« C'est un manque d'ouverture. Je pense que ça a des conséquences psychologiques. Je travaille dans un milieu où mes étudiants ont voté depuis 80 % pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, ils vont être très inquiets »

« C'est un référendum qui a révélé les fractures, parmi les jeunes ou parmi les personnes âgées. J'ai essayé de ne pas faire campagne, mais d'expliquer l'Europe aux personnes âgées. Elles sont fâchées avec l'Europe. On peut parler d'une crise de l'autorité politique. L'Europe s'est toujours faite contre les peuples. On n'a pas eu de communication claire pour dire : on appartient à l'Europe, à quelque chose de plus grand »

Dimension xénophobe de ce vote ?

HD : « On a vu plus d'un brin de xénophobie dans la campagne. Je pense qu'il y a eu beaucoup de haine dans la campagne mais c’est plus flou que de dire c'est à cause des immigrés »

DG : « Je n'ai pas ressenti une haine des étrangers »

« Il faut comprendre un point important : nous sommes un pays avec 65 millions de personnes sur le tiers de la superficie de la France. Dans ma circonscription, la question de l'augmentation de la population avec l'impact sur les infrastructures, sur l'environnement, est un sujet de polémique constante »

« Les politiques ont dit des mensonges continuels à ce sujet »

« Bien sûr, les gens regardent le Moyen-Orient, ils voient arriver des désespérés mais ce qui est ironique est que ce ne sont pas ces gens qui arrivent ici. Ce sont des plombiers polonais, des Roumains (…) dont on a besoin ! »

« Je me demande ce que l'électorat va dire quand l’économie grandissante demandera toujours plus d'arrivée de personnes de l'étranger »

Alex Story : « Les plus pauvres ont voté contre. Ils n'ont pas peur, ils sont fiers, ils voient ce qui se passe à travers l'Europe. Les Italiens, les Espagnols, les Portugais, sont obligés de venir en Grande-Bretagne à cause de la catastrophe causée par l'euro. On n'a pas demandé aux gens si c'était ce qu'ils voulaient. On leur a imposé une monnaie et un système financier »

Brent Hoberman : « Les jeunes et les entrepreneurs ont compris qu'on avait besoin des immigrés »

« Si on regarde les sondages, le vote d'hier vient de la peur de l'immigration et également de la peur de la technologie »

Helen Drake : « On comprendra après le ressort psychologique des votes »

« A quel prix doit-on trouver une solution ? Va-t-on être puni par la Commission européenne pour décourager les autres ? »

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