Marlène Schiappa, secrétaire d'état chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, est l'invitée de Nicolas Demorand. Elle répond aux auditeurs à partir de 8h40.

Les dossiers sont nombreux, les solutions compliquées à mettre en place. Marlène Schiappa nous présente sa feuille de route. L'égalité entre les femmes et les hommes sera notamment décrétée grande cause du quinquennat. Un symbole du retard français dans ce domaine :

L'égalité salariale et professionnelle progresse très doucement. La première loi sur le sujet c'était en 1983

"Beaucoup de lois ont été faites, des décrets ont été pris (...) mais en terme d'application de loi, on s'est aperç qu'il y a avait des "trous dans la raquette". Par exemple la loi Sauvadet (qui prévoit d'arriver à des quotas de femmes nommées) prévoit 90 000 euros de pénalités financières par quota d'emploi manquant dans la haute fonction publique, mais il n'y a pas de dispositif qui permet de flécher, d'amener ces 90 000 euros de pénalités : nous devons créer ce dispositif. Il y a bien une loi, mais pas de dispositif", explique la secrétaire d'état. "L'enjeu est de transformer ces lois, qui sont bonnes, en réalité".

La loi a changé, et maintenant c'est la vie qui doit changer

Marlène Schiappa avance une solution : "Nous créons un budget sensible aux genres pour la première fois : on flèche les dépenses publiques pour savoir si elles sont utilisées de façon mixte et équitable". La secrétaire d'état cite un exemple , celui des budgets alloués aux équipements sportifs : si c'est pour financer des skateparks ou des terrains de baskets "surtout fréquenté par des hommes, c'est fléché pour des hommes".

"Mon budget est en hausse pour 2018, il atteint près de 30 millions, le plus grand jamais accordé aux droits des femmes, avec une sanctuarisation pour tout le quinquennat", explique Marlène Schiappa.

Sur le débat de la PMA

"Il n'y a pas de droit à l'enfant", estime la secrétaire générale qui précise aussi que le "remboursement de la PMA par la Sécurité sociale sera tranché dans les États généraux de la bioéthique", pour débattre du cadre d'application de cette mesure.

Sur le harcèlement de rue

Il s'agit, selon la secrétaire d'état d'une "zone grise pas caractérisée dans la loi (...) Il y a un véritable phénomène (...) 5 députés réunis dans un groupe de travail auront pour mission de fabriquer cette loi (...) Les sanctions "seront construites avec les forces de l'ordre". Pas "un policier derrière chaque femme harcelée" mais c'est "important pour l'état de dire le droit".

Sur le congé maternité

"Le cadre général reste dans le code du travail", précise Marlène Schiappa. "Mais l'extrême majorité des accords de branche n'ont pas d'accord favorable en ce qui concerne les congés maternité"(...)"c'est ubuesque d'imaginer que les entreprises vont se précipiter pour changer cela"

Je fais confiance aux partenaires sociaux pour négocier des accords d'entreprise. Il n'y a pas de décision unilatérale

La secrétaire d'État explique aussi le lancement d'une mission parlementaire sur le congé maternité : "On veut l'améliorer (...) Il y a des congés maternités différents".

Sur l'engagement de campagne du congé de maternité unique : "Nous avons lancé les travaux avant l'été (...) L'engagement de campagne sera tenu dans la durée du quinquennat".

Sur les violences obstétricales

Conciliation vie familiale/professionnelle

Sur la congélation des ovocytes, qui peut permettre de différer l'idée d'avoir des enfants pour se consacrer à sa carrière : "Un débat de société qui sera discuté dans les débats de bioéthique"(...)"Je ne pense pas que la principale inequité entre femmes et homme dans la conciliation vie familiale/vie professionnelle se place là. Elle se place pluttot dans l'inégalité des tâches ménagères"

Plus de 70% des taches ménagères sont accomplies par les femmes, et cela pèse sur leur carrière, sur l'inégalité salariale

Pour cela l'éducation est primordiale, estime aussi Marlène Schiappa qui explique que le gouvernement veut construire une journée avec le Service national et civil pour former "toute une classe d'âge, toute une génération".

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