L'armée française risque-t-elle le déclassement ? L'ancien colonel de marine, analyste des conflits et auteur du blog La Voie de l’épée est l'invité de Pierre Weill.

Michel Goya
Michel Goya © Radio France

Peu avant Noël, le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers, a publié une tribune dans dans Les Echos où il plaide pour un effort budgétaire accru en matière de défense, soulignant qu'"on ne gagne pas une guerre sans effort de guerre" et où il demande "une hausse progressive du budget de la défense" pour atteindre les 2% du PIB, contre 1,77% actuellement, pour "rester capable d'assurer, dans la durée, la protection de la France et des Français face au spectre complet des menaces", écrit-il.

Une tribune à laquelle François Hollande a répondu. Pour le Président, la France dispose aujourd'hui des "ressources nécessaires pour faire face à ses objectifs de Défense", mais bien que le "le budget de la Défense a déjà été augmenté tout au long du quinquennat" et que "la loi de programmation militaire a été révisée à la hausse", ce qui n'avait jamais été le cas sous la Ve République. "Il y aura encore, dans les prochaines années, à faire des efforts supplémentaires."

Michel Goya, ancien colonel de Marine, analyste des conflits et auteur du blog La voie de l’épée, analyse ce qu'il considère être "la crise de notre outil de défense". Selon lui elle remonte à 25 ans est s'explique par le lancement de grands programmes de modernisation, alors que, au même moment, l’effort financier était "divisé par deux".

"La Chine double son budget militaire tous les cinq ans. L’Inde et le Japon progressent", explique Michel Goya, qui regrette que la France soit maintenant au huitième rang mondial. Surtout, selon ce spécialiste, "ce sont les Etats-Unis aujourd'hui qui assument le plus gros effort, puisque le budget américain représente 40% du budget militaire mondial".

Résultat d'un budget français qui "stagne", selon Michel Goya, l'armée de notre pays peut de moins en moins faire des choses seule. "On peut faire une très belle opération au Mali, explique le blogueur, mais guère plus."

Quant à l’opération Sentinelle, "c'est une opération d’affichage politique qui n'a pas d’efficacité opérationnelle et qui use les armées plus qu'elle n'use les terroristes" explique Michel Goya, dénonçant le peu de moyens dévolus, selon lui, à la guerre contre l'organisation État islamique, malgré les déclarations de François Hollande.

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