L'ancien candidat PS à l'élection présidentielle et aux législatives dans les Yvelines est l'invité de Patrick Cohen.

Benoît Hamon est l'invité de la matinale de Patrick Cohen
Benoît Hamon est l'invité de la matinale de Patrick Cohen © AFP / Philippe Lopez

Alors que les barons du parti Les Républicains se déclarent, par tweets interposés, leur désamour, quelle est la situation au PS ? "Un parti politique ce n'est pas une affaire d'amour, sinon il n'y aurait pas eu beaucoup de partis", ironise l'ancien candidat à l'élection présidentielle. En revanche, il juge légitime la question de la coexistance dans un même mouvement de valeurs différentes, surtout quand les partis en question ne gagnent plus d'élections : "Si on est seulement en désaccord sur des orientations économiques ou politiques ça va, mais quand on est en désaccord sur des valeurs se pose la question de la coexistance", dit-il.

Malgré la déroute du PS, Benoît Hamon voit dans la période actuelle "quelque chose de formidable : il y a un équilibre des forces qui a été remis en cause, qui permet aux uns et aux autres de pouvoir réfléchir à nouveau sur le sens de leur engagement et du clivage droite-gauche". Il dit pour autant rester fier de son engagement socialiste, même si samedi, lors du bureau national du PS, il assume : "J'ai préféré être au cœur d'un grand rassemblement, la marche des fiertés, où on pose des revendications sociales".

Pour lui, "le socialisme ne se limite pas à un parti politique (...) : beaucoup d'électeurs ont perdu l'habitude de voter pour nous". Il ajoute : "Pour moi cela passe par la question écologique".

"Nous avons à faire grandir une belle idée, celle du socialisme, mais en résonance avec notre époque".

Samedi, Benoît Hamon lancera son mouvement lors d'une journée de débats qui a pour objectif de revenir aux racines de la politique : "C'est quoi la politique sinon un renvoi à nos rêves, nos espoirs, notre volonté de transformer la société ?", revendique-t-il. Au programme de cette journée, trois grands sujets : "La transition écologique, et le rapport au travail, et la question démocratique, sur trois espaces". Nom de ce nouveau mouvement : "Le mouvement du 1er juillet".

Et pourquoi pas une alliance avec la France Insoumise ? "La France Insoumise veut remplacer toutes les autres formations de gauche. La seule chose que Jean-Luc Mélenchon a gardé du socialisme, c'est cette tentation hégémonique permanente".

"Ne plus se sentir enfermé"

Dans tous les cas, le mouvement du 1er juillet sera en opposition marquée avec les valeurs de la majorité présidentielle, notamment sur le droit du travail : "S'il existe des accords de branche ou un code du travail c'est parce qu'on a constaté l'asymétrie entre un employeur et son employé", rappelle-t-il. Et pour lui, "Macron fait une triple synthèse entre la vieille bourgeoisie et la nouvelle bourgeoisie, entre une aile gauche sociale-libérale et une aile droite conservatrice qui partageaient les mêmes orientations économiques ou sécuritaires, et également, et cela me préoccupe plus, entre les intérêts de la finance et la haute fonction publique". Il dénonce notamment le fait que "le gouvernement remet en cause le droit d'information des salariés quand leur entreprise est à vendre".

Interrogé sur le fait que le PS n'ait que peu retenu son programme politique dans l'optique des législatives, il en appelle au mouvement qu'il va créer : "L'intérêt du mouvement du 1er juillet c'est de ne plus se sentir enfermé par une étiquette ou un cadre fermé". Le mouvement sera organisé en comités locaux et n'impliquera pas (pour le moment) une démission du PS pour son fondateur : "Je comprends que la question de mon appartenance au PS se pose, mais est-ce la priorité de se débarasser des étiquettes précédentes ?", déclare Benoît Hamon.

"Une société de plus en plus sauvage"

Sur le revenu universel, l'ancien candidat se félicite d'avoir "fait de formidables progrès sur cette idée, qui est la principale retenue par les Français lors de la présidentielle". Il maintient le fait qu'il "faut repenser la façon dont nous vivons de notre travail et dont nous pouvons nous épanouir en dehors de notre travail", même s'il reconnait qu'en "parlant revenu universel, nous n'avons pas assez parlé d'emploi". Benoît Hamon met toutefois en garde : "Il faudra penser nos systèmes de protection sociale pour les financer autrement que par le travail, sinon nous irons vers une société de plus en plus sauvage entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n'en ont pas ou qui seront si précaires que cela ne leur permettra pas de sortir de la pauvreté".

Interpellé également par un auditeur qui lui demande ce qui le différencie vraiment de la France Insoumise, il explique qu'il "y a de nombreuses passerelles mais aussi de nombreuses différences, notamment sur la question européenne". Il se montre aussi très critique vis-à-vis d'Emmanuel Macron, qu'il accuse d'avoir dissimulé, pendant sa campagne, notamment "une partie de sa réforme du droit du travail" ou encore son projet sur l'Etat d'urgence. "On ne mendie pas sa crédibilité auprès de monsieur Poutine : c'est ce que fait aujourd'hui Emmanuel Macron".

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