Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes à l'Éducation nationale, est l'invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux auditeurs à partir de 8h40.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, va-t-il chambouler les programmes scolaires instaurés entre 2015 et 2016? La communauté éducative est-elle déboussolée ? En réaction Michel Lussaut, président du Conseil Supérieur des programmes, annonce ce mardi matin sa démission :

Je pense que l'éducation vaut mieux que ce qu'on est en train de faire

Pour Michel Lussault, président du Conseil supérieur des programmes à l'Education nationale, le jeu lancé il y a quelques semaines vise à "satisfaire quelques bas instincts d'une certaine clientèle politique".

Ces "limites" évoquées "dans des hebdomadaires" par Michel Lussaut sont des remises en cause des évolutions "longuement discutées pendant les années précédentes et cela me paraît assez grave (...) L'école vaut mieux que ce type de débat"

Nous n'avons pas, en France, réglé la question de la démocratisation de l'école

"D'un côté, ceux qui ont réussi à crédibiliser l'idée qu'une école démocratique était nécessairement une école de faible qualité (...) qui sacrifiait un certain nombre d'enseignements fondamentaux. C'est Jean-Michel Blanquer, c'est une bonne partie de la presse et des médias, la couverture de Causeur ou Valeurs Actuelles (...) Pour tous ceux-là, la loi de refondation de l'école lancée Vincent Peillon était le parachèvement de décennies d'errements".

Nous pouvons vouloir le meilleur, l'élite de la connaissance pour tous

"Nous sommes un grand pays de culture (...) mais nous sommes devenus des rentiers d'une école qui formait à peu près bien les élèves. On s'en inquiète trop tard".

Sur la réforme des rythmes scolaires

Lorsque Jean-Michel Blanquer dit 'plus de temps pour les fondamentaux' (...) Est-ce-que c'est supprimer, dans 49% des communes, une demi-journée pour apprendre ces fondamentaux : c'est contradictoire!"

Jean-Michel Blanquer est trop complaisant par rapport à des gens qui inventent une école de la République qui n'a jamais existé

"L'école de la République est une école de l'émancipation, qui a toujours pris le parti d'enseigner le plus à tous ceux qui pouvait [y] être accueilli. Je pense qu'il y a aujourd'hui le désir de certains groupes sociaux de faire de l'école ( ou de certains écoles ) une réunion d'happy hew", accuse Michel Lussault.

Clarification sur les programmes scolaires

"Il y a un grand dérèglement qui renvoie au fait que nous n'avons pas tranché les grands débats culturels", poursuit Michel Lussaut. "Sans doute avons nous commis des erreurs, j'assume les miennes depuis trois ans [NDLR : date à laquelle il est arrivé en poste]".

Parlons de la maîtrise du français : l'école est-elle la seule véritable responsable de cela?

"La maîtrise d'une langue, n'est-ce pas non plus quelque chose qui renvoie aussi à des évolutions sociales et culturelles? À une manière de faire de la radio, de la télé, d'une certaine presse, d'un certain environnement global?".

"Faire apprendre le prédicat à des enfants de 7 ans, oui c'est un pari, mais est-ce qu'on peut nous accuser de démissionner alors qu'on veut renforcer la complexité des apprentissages? " s'insurge Michel Lussaut.

"Je pense qu'on aurait pu jouer sur l'autonomie des apprentissages, je suis pour renforcer la capacité des établissements à faire un certain nombre de choix en fonction des contextes sociaux et territoriaux. En revanche, nous avons aussi introduit l'apprentissage d'une première langue étrangère plus tôt, mais on nous a dit 'Vous n'y pensez pas (...) pas à partir du CP!'. Mais bien sûr que si!"

Les parents ne peuvent pas être seulement des clients de l'école, ce n'est pas un service qui vend des prestations, il faut une co-éducation

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