Françoise Nyssen, ministre de la Culture, est l'invitée de Marc Fauvelle à 8h20. Elle répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

En 2018, le budget de l'éducation artistique et culturelle sera porté à 114 millions d'euros. On parle d'une "priorité gouvernementale". Comment Françoise Nyssen compte-t-elle promouvoir l'accès à la culture pour tous? Quels sont les objectifs du ministère? 

Sur l'audiovisuel public, " coopération, synergie" mais pas de "fusion"

La ministre a répondu aux inquiétudes sur l'avenir de l'audiovisuel public, à qui on demande des économies ("30 millions sur un budget de 3 milliards", assure-t-elle). Selon elle, il faut explorer des pistes pour "rationaliser" le fonctionnement des télévisions et radios publiques, à l'image du travail commun sur le média France Info. Mais "pas de fusion" : il s'agit simplement selon elle de repenser l'organisation.

Concernant le financement de ces stations, Françoise Nyssen rappelle qu'elle est contre une extension de la publicité notamment après 20h à la télévision publique. "Il faut préserver les missions essentielles du service public. Ce qui importe c'est l'information." Quant à la redevance, il faudra "rouvrir le dossier" : "les usages ont changé", notamment avec Internet.

Affaire Weinstein : "Important que la parole se libère"

Pour elle, "tout passe par la pédagogie" en matière d'agressions et de harcèlement sexuels. Françoise Nyssen estime qu'il est nécessaire que "la parole se libère", tout en n'appelant pas les femmes concernées à donner les noms de leurs harceleurs, ou alors via des numéros d'écoute. 

Pas question toutefois de se prononcer contre une rétrospective autour de Roman Polanski, le réalisateur accusé lui aussi de viols. "Il s'agit d'une oeuvre, pas de l'homme. Je n'ai pas à condamner une oeuvre."

La chronologie des médias, "une question qu'il faut reposer"

Cette spécificité française n'est plus en accord avec les pratiques culturelles des Français, reconnaît la ministre, qui estime qu'il faut remettre le sujet sur la table. "Avant qu'un film arrive sur Netflix, il faut trois ans ! Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Le piratage. Il est évident qu'on ne peut pas en rester là, il faut que ça aille plus vite. Nous avons nommé un médiateur pour avoir des conclusions d'ici six mois."

Elle estime que le problème est urgent et doit être "pris à bras le corps". Sinon, "nous prendrons nos responsabilités".

Contre l'écriture inclusive

L'Académie française s'alarme depuis jeudi de cette nouvelle forme d'écriture permettant de féminiser certaines phrases, jugeant qu'il s'agit "d'un péril mortel" pour la langue. La ministre est sur la même ligne : "je ne suis vraiment pas pour. J'ai bien aimé l'expression de l'Académie qui parlait de 'bégaiement du cerveau'. Comment font les enfants dislexiques pour s'en sortir avec cette lecture-là ?"

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