Pour évoquer la situation au Venezuela, Gaspard Estrada et Janette Habel sont les invités d'Hélène Fily.

Combat entre les forces de l'opposition au président Maduro et les forces de l'ordre
Combat entre les forces de l'opposition au président Maduro et les forces de l'ordre © AFP / Kenny Ferrer
  • Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes - Sciences Po
  • Janette Habel, politologue, enseignante à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine

Ces deux spécialistes ont parlé d'une même voix pour expliquer la crise vénézuélienne. Celle-ci est extrêmement grave, mais, selon la politologue Janette Habel, "ce n’est peut-être pas encore le paroxysme". Elle s'explique : "le problème, c’est on est dans une situation d’impasse politique et et sociale".

Même si le pays est très riche, renchérit Gaspard Estrada, "le Venezuela n’arrive plus à répondre aux besoins les plus élémentaires des habitants". C'est le drame de ce pays qui est très riche. D'où le rejet totale de la politique du président Maduro qui rejette les mécanismes démocratiques.

La grande inconnue c’est l’armée

L'armée pourrait-elle jouer un rôle? Pas sûr, tempère Janette Habel. Pour l'instant, rappelle-t-elle, "l'armée soutient pour l’instant le président Maduro". Ce pourrait cependant être fragile car le président n'a pas la même légitimité qu'Hugo Chavez qui, lui, était issu de l'armée.

Avec l'Assemblée constituante, le gouvernement joue son va-tout.

Gaspard Estrada note que le régime se durcit et qu'il prend des mesures illégales : "Lorsque vous avez des civils jugés dans des tribunaux militaires, lorsque vous avez une Cour suprême qui dissout le Parlement et décide par la suite de se rétracter, c'est anti-démocratique." L'Assemblée constituante proposée par le gouvernement et le référendum organisé dimanche n'apaisera pas les choses. "Le problème est que la proposition de Constitution revient sur le cadre institutionnel de l’organisation des élections", souligne Janette Habel. Cela explique le boycott de l'opposition qui n'a pas confiance dans ce processus.

Une crise nationale qui devient régionale

Des milliers de Vénézuéliens quittent le pays ces derniers mois pour rejoindre, notamment, la Colombie. Autre impact, souligné par Gaspard Estrada : l'exportation de pétrole vers certains voisins, comme Cuba. Les équilibres changent dangereusement et une médiation semble compliquée. Il y a déjà eu des tentatives de médiation : du Vatican ou du président américain, note le directeur exécutif de l’OPALC. Par ailleurs, les menaces de sanctions de Donald Trump sont contre-constructives. "Il fait une erreur, selon Gaspard Estrada, parce que cela conduirait à radicaliser le gouvernement et renforcer la fidélité des cadres qui sont proches du gouvernement Maduro." Pendant ce temps, les violences continuent.

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