Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, est l'invitée de Nicolas Demorand à 8h20. Elle répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Quelle est la place des femmes dans notre République? Marlène Schiappa répond à la question dans son livre "Le deuxième sexe de la République" aux éditions de l'Aube. 

"En terme de représentation des femmes en politique, [La France] n'est pas très bien placée au niveau mondial", explique Marlène Schiappa qui veut  "sortir du mythe de l'égalité déjà là" :  les Français sont prêts à voter pour des femmes, ce n'est pas un problème".

Le problème c'est l'investiture sur des circonscriptions gagnables, c'est vraiment dans les partis politiques que cela se joue

Sur l'égalité salariale

"Notre problème, en France, c'est l'application de la loi (...)" explique la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, "les employeurs ne sont pas assez informés de ces lois qui prévoient des pénalités [en cas d'inégalité salariale]".

"La transparence dans les salaires est une piste intéressante", poursuit Marlène Schiappa, qui avance que "la publication des salaires en entreprises serait utile pour constater les écarts femmes-hommes."

Sur la verbalisation du harcèlement de rue

Marlène Schiappa évoque une amende de classe 4 , c'est à dire "Une amende entre 90 et 750 euros". 

Sur la plainte pour viol déposée contre Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics

La secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, appelle à "laisser la justice faire son travail "sereinement", alors que l'un de ses collègues au gouvernement, Gérald Darmanin, est visé par une plainte pour viol.                      Interrogée sur une possible démission du ministre des Comptes publics, à qui Edouard Philippe a redit "toute sa confiance", ce samedi, Marlène Schiappa refuse de se prononcer : "Je suis très attachée à ce principe fondateur de la démocratie qui est la séparation des pouvoirs. Moi j'appartiens au pouvoir exécutif, et il y a un pouvoir judiciaire. Je pense qu'il est important que le pouvoir judiciaire puisse travailler sereinement sans avoir telle ou telle déclaration qui pourrait être considérée comme une intervention et un non-respect de cette séparation des pouvoirs."                      

"Si Gérald Darmanin était mis en examen pour viol, bien évidemment, il devrait quitter le gouvernement, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la règle édictée par le président et par le Premier ministre" ajoute toutefois la secrétaire d'Etat.   

La justice ne se rend pas ni dans les médias ni sur les réseaux sociaux.   

"Je pense que la règle a été claire, elle a été expliquée par le président et par le Premier ministre, c'est à partir de la mise en examen. Sinon, vous pouvez décider de porter plainte contre tous les membres du gouvernement dès demain, et tous les membres du gouvernement vont devoir démissionner".

J'encourage la parole des femmes, l'écoute et surtout la judiciarisation

"Gérald Darmanin est présumé innocent à ce stade, mais la femme qui est accusée de déclaration calomnieuse est présumée innocente aussi." Interrogée par une auditrice sur une éventuelle différence de traitement entre Gérald Darmanin et d'autres ministres qui ont quitté le gouvernement après avoir été visés par des enquêtes,  et le message envoyé à l'opinion publique quant aux violences envers les femmes, Marlène Schiappa répond :  "La démission, comme son nom l'indique, n'est pas un renvoi mais un choix de personne. Les personnes que vous avez citées précédemment, Richard Ferrand, Sylvie Goulard, François Bayrou, avaient fait le choix personnel de démissionner pour pouvoir répondre à un certain  nombre de mises en cause politiques et d'enquêtes qui étaient en cours. Gérald Damarnin fait le choix de ne pas démissionner, c'est son choix, le Premier ministre fait le choix de lui réaffirmer sa confiance au nom du gouvernent, c'est son choix, là encore, donc je pense qu'on est dans des cas différents et qui ne sont pas, à mon avis, comparables."

Sur l'allongement du congé paternité en question

"Il faut allonger le congé paternité, mais je ne suis pas favorable à le rendre obligatoire", explique Marlène Schiappa qui veut avant tout "regarder la durée et une meilleure rémunération."

L'école, angle mort de l'égalité femmes ?

"Les chiffres sont inquiétants : moins de filles s'orientent vers des filières scientifiques" explique Marlène Schiappa qui rajoute que, dès l'année prochaine, "les professionnels seront formés dès la crèche pour éviter les stéréotypes entre petite fille et petit garçon, du type "celle qui parle trop est bavarde, celui qui parle trop est un leader'".

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