L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy analyse le succès de François Fillon et apprécie la "vague conservatrice" qui l'a permis. Il répond à Patrick Cohen et aux auditeurs.

Patrick Buisson au Théâtre de Béziers, dans le cadre de "Béziers libère la parole" - 16 novembre 2016
Patrick Buisson au Théâtre de Béziers, dans le cadre de "Béziers libère la parole" - 16 novembre 2016 © Maxppp / Pierre Saliba

François Fillon n'est pas forcément le candidat de Patrick Buisson, qui lui reproche d'être "coincé dans la contradiction entre conservatisme et libéralisme". Or pour lui, "croire que le programme économique de François Fillon est l'explication de son succès serait un contresens", et il faudra qu'il se détache de son programme libéral économique, "indissociable du libéralisme culturel". "François Fillon risque de se faire enfermer dans l'image de candidat du patronat".

Le véritable problème politique selon lui vient du "mépris" envers les "classes populaires". "La gauche a remplacé la question sociale par la question ethno-raciale. Il y a un sentiment qu'on en fait trop pour les immigrés. Or en politique, les perceptions sont des faits." Pense-t-il pour autant que cette perception recouvre une réalité ? Patrick Buisson ne répond pas.

Enfin, sur son livre sur les coulisses du quinquennat de Nicolas Sarkozy, très critique, il assure : "un livre ne tue jamais en politique. Il cristallise ce qui est dans l'air du temps. Dans mon livre, je vais même vous dire : j'édulcore la réalité, je ne rapporte pas certains propos, par respect pour la fonction. Vous pouvez les imaginez, connaissant le tempérament volcanique du président..."

"Il faut demander aux Français leur assentiment sur les questions de fond"

Pour Patrick Buisson, la primaire qui a désigné le candidat de droite n'est pas non plus une bonne nouvelle pour la démocratie. "La primaire est une régression de la démocratie. Les partis l'ont inventée pour tenter de se relégitimer. Mais c'est un rétablissement du suffrage censitaire : on fait en sorte de confier à une minorité partisane le choix du candidat proposé à la majorité".

La solution ? Le référendum, à un moment où "la légitimité s'évapore de plus en plus vite", dit-il en évoquant ce qu'il considère comme une rupture consommée avec les Français successivement par Nicolas Sarkozy et François Hollande. "Aujourd'hui, il faut demander aux Français leur assentiment sur les questions de fond, par le référendum. Depuis le Brexit il y a un mépris, on dit : le peuple, quand on lui donne la parole, c'est épouvantable".

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