Directeur des Services Funéraires de la Ville de Paris, il signe "Une révolution rituelle, accompagner la crémation."

Le cimetière du Père-Lachaise, à Paris
Le cimetière du Père-Lachaise, à Paris © Maxppp / Sébastien Désarmaux / GODONG

En ce jour de la Toussaint, veille de Fête des morts, le directeur des services funéraires de la Ville de Paris rappelle que "la mort est encore un sujet tabou dans la société".

"On montre sans problème la mort des personnalités, des enfants syriens, mais montrer la mort d'un Français, en France, c'est strictement tabou".

"Alors que les rites ont évolué ces dernières années, il manque encore beaucoup de repères aux gens", explique-t-il. Cette évolution se traduit surtout par la part de plus en plus importante de la crémation : elle représente 35% des enterrements, contre 1% seulement ans pour la précédente génération. "Ce n'est pas qu'un passage d'une technique à une autre, c'est un bouleversement rituel et symbolique", ajoute François Michaud-Nérard.

"Avec la crémation, en une heure et demie on passe d'un cercueil qui fait la taille d'une personne à un petit pot de deux litres, avec des cendres que l'on peut disperser. C'est extrêmement perturbant parfois".

La crémation pose en outre une question de traces du défunt : "Le corps n'appartient pas à la famille. Une personne décédée appartient à une multitude de corps relationnels. On n'a pas le droit de privatiser des cendres, c'est-à-dire de les mettre dans un lieu où tout le monde ne peut pas se recueillir. C'est le but de la loi de 2008", précise le directeur des services funéraires, ajoutant que si l'Eglise catholique tolère la crémation mais pas la dispersion des cendres, c'est pour "rappeler le fait que les survivants ont besoin de traces".

Financement participatif pour les obsèques

Inhumation ou crémation, dans tous les cas, la cérémonie reste une constante : "C'est un moment de ritualité dont on a tous besoin, pendant lequel on va vivre le dernier moment solidaire avant un parcours dans le deuil, qui est très solitaire", selon François Michaud-Nérard. Reste à pouvoir financer les obsèques, qui sont souvent le troisième ou quatrième poste de dépense d'un foyer mais auquel on ne veut jamais se préparer : "A la Mairie de Paris, nous avons lancé une plateforme de lancement participatif, où on ne fait que reproduire ce que les gens font souvent, une enveloppe qui circule pour financer des obsèques ou un retour au pays".

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