Pour la Fête de la Musique, le patron d'Universal Music France est l'invité du 5/7. Quels sont les nouveaux moyens d'écouter et découvrir de la musique ?

Olivier Nusse, président d'Universal Music France - 2017
Olivier Nusse, président d'Universal Music France - 2017 © AFP / Joël Saget

Olivier Nusse est depuis deux ans le président de la maison de disques Universal Music France... mais au juste, peut-on vraiment toujours dire "maison de disques" ? "Oui, parce qu'en France notamment on est encore sur un marché partagé entre le disque physique (dont les vinyles) qui est encore à plus de 50% en 2016, et le marché émergeant qui est celui du streaming", explique-t-il.

Résultat : "Globalement, on pense qu'on est plutôt là pour accompagner des artistes tout au long d'une carrière", affirme Olivier Nusse. "Le marché a tellement souffert de la piraterie, de la matérialisation, qu'en France sur les années 2000 l'industrie a perdu 60% de sa valeur. Il a fallu trouver plein de services et de sources de revenu autour du coeur de métier" pour permettre, selon lui, aux artistes de vivre de leur talent.

Le disque, objet de merchandising ?

Aujourd'hui, face à l'émergence du streaming, qui achète encore des disques ? "Il y a toute une génération qui découvre la musique sur les plateformes de streaming, et c'est quand ils deviennent vraiment fans qu'ils veulent avoir un support physique, qui devient plus un objet de merchandising qu'un objet d'écoute", explique le patron de la maison de disques, qui explique ainsi le retour en force du disque vinyle.

Est-ce pour cela qu'Universal Music a signé un contrat avec le service de streaming Spotify ? "C'est important de signer des contrats qui nous permettent de développer les contenus des artistes qu'on défend sur ces plateformes", répond-il, étant donné la position de leader de Spotify, et les parts de marché importantes de ses concurrents Apple Music et Deezer.

Le "back catalogue" en tête

Intérêt supplémentaire pour ce géant de la musique : "Ce qui est le plus consommé en streaming, c'est en grande partie le "back catalogue" qui a plus de deux ans. Donc quand on est Universal et qu'on a un catalogue qui va de Sinatra à Gainsbourg, forcément ça favorise la part qui est consommée sur ces plateformes de Streaming, et ça nous donne de quoi développer des nouveaux artistes, on signe énormément de nouveaux artistes".

Prochain marché de développement pour Universal Music France : l'Afrique, "où il n'y a pas particulièrement de marché, notamment sur les pays subsahariens francophones, où les artistes français sont pourtant extrêmement populaires". Il ajoute qu'il y a en Afrique "une richesse d'artistes qui développent des projets fantastiques mais qui pour l'instant n'ont pas beaucoup d'opportunité de développer leur carrière autrement qu'en "live"".

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