Le président de Cap (conseils, analyses et perspectives), enseignant à Sciences po et à HEC, Stéphane Rozès est l'invité du 5/7, au lendemain du premier tour de la primaire.

Stéphane Rozès, politologue, président du cabinet CAP
Stéphane Rozès, politologue, président du cabinet CAP © AFP / Pierre Verdy

Au lendemain du résultat du premier tour de la primaire de la droite et du centre, Stéphane Rozès voit l'élimination de Nicolas Sarkozy comme "le rejet d'un homme, d'un style, d'un président sortant". Le politologue, invité ce lundi du 5/7 de France Inter, estime que l'ancien président n'a pas "profité de sa traversée du désert pour travailler sur lui, se renouveler et pouvoir présenter une alternative".

"Nicolas Sarkozy n'incarne plus l'avenir, c'est un peu ce qu'actait son discours d'adieux hier".

Pourquoi appelle-t-il à voter Fillon plutôt que Juppé ? Au-delà des chiffres favorables à François Fillon, Nicolas Sarkozy a repéré, selon Stéphane Rozès, que "le cas Fillon est un composé de libéralisme thatcherien et de conservatisme moral et culturel ; et d'un certain point de vue c'est ce qui est le plus proche du fond de ce que proposait Nicolas Sarkozy".

Ce ralliement malgré les rivalités personnelles entre les deux hommes est aussi, selon le politologue, "une façon pour Nicolas Sarkozy d'être à la hauteur du moment, en mettant de côté les questions personnelles pour dire le choix qui lui semblait être meilleur pour la France, la droite et le centre".

"Alain Juppé a essayé d'être toujours au centre du dispositif"

Comment expliquer le succès de François Fillon, qui partait de si loin derrière Alain Juppé dans les sondages ? "Le tournant, c'est d'une part Trump, d'autre part Macron. Ils semblent dire qu'on entre dans une période de mouvement. Alain Juppé a essayé d'être toujours au centre du dispositif, là où Fillon semblait toujours en mouvement avec son programme large, très conservateur au plan culturel et très libéral au plan économique".

"Face à Marine Le Pen, il faut être dans le mouvement : on ne peut pas se contenter de crier au loup", explique le politologue. "Il faut être projet contre projet pour sortir le pays de l'ornière", ajoute-t-il.

"Les Français ne se laissent pas imposer ses choix"

A gauche, l'élimination de Nicolas Sarkozy va-t-elle susciter des candidatures nouvelles ? "Bien évidemment, parce qu'une présidentielle n'a pas que vocation à élire un président, mais aussi à réactiver l'imaginaire français dont les candidats sont les acteurs ; et pour cela il faut des figures nouvelles".

En tout état de cause, la primaire de la droite semble avoir montré à d'autres candidats que "le peuple français est un peuple très politique qui ne se laisse pas imposer ses choix, et qui peut avoir le sentiment que dans la période actuelle, on peut renverser la table sans casser la baraque".

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