Le chef de file des communistes à l'Assemblée est l'invité du 5/7 alors que votent les militants du PCF sur un éventuel ralliement à Jean-Luc Mélenchon.

André Chassaigne, Assemblée Nationale, Paris - 4 mai 2016
André Chassaigne, Assemblée Nationale, Paris - 4 mai 2016 © AFP / Bertrand Guay

Les 50.000 adhérents du Parti communiste français s'expriment dès ce jeudi et jusqu'à samedi sur le ralliement du parti à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Les délégués des sections PCF se sont d'ores et déjà exprimés en majorité contre ce ralliement.

André Chassaigne, chef de file des députés Front de gauche à l'Assemblée nationale, n'y est pas favorable : "Les conditions sont complètement différentes" de ce qu'elles étaient en 2012, où Jean-Luc Mélenchon et le PCF avaient fait front commun pour la présidentielle. "En 2012, nous avions eu une co-élaboration, nous avions construit ensemble des perspectives politiques sur un programme. Aujourd'hui, c'est à prendre ou à laisser".

"Le ralliement à Jean-Luc Mélenchon se fera sans avoir une prise quelconque sur le contenu de la politique portée par Jean-Luc Mélenchon, et surtout avec des divergences de fond qui me paraissent importantes"

Ces divergences de fond portent sur la conception du rassemblement, selon André Chassaigne : "Il considère que dans ce pays il y a la gauche de la gauche, et qui seule, par une forme de repli, pourrait arriver au pouvoir et résoudre les questions du pays. Ce que je porte, avec d'autres communistes, c'est la conception d'un rassemblement, qui fait qu'au lieu de se replier, on construise un renouveau de la gauche dans son ensemble".

Mélenchon est "le premier diviseur"

Mais envoyer un candidat face à Jean-Luc Mélenchon, qui brille dans les sondages, n'est-ce pas un risque ? "Ce qui est important derrière tout cela, c'est de pouvoir porter une parole différente", répond André Chassaigne. "Le premier diviseur, c'est Jean-Luc Mélenchon, qui est parti en premier, sans échange, sans discuter avant de démarrer, et qui dit que tous ceux qui se présentent après sont des diviseurs".

Et pour les législatives, où Jean-Luc Mélenchon envisage un candidat de "la France insoumise" dans chaque circonscription ? "C'est d'abord de sa part la volonté de construire une nouvelle organisation politique, puisque chaque voix obtenue aux législatives permet de financer pendant cinq ans l'organisation politique à laquelle elle est rattachée", explique le député PCF. Mais il y a plus grave selon lui :

"Avoir une candidature soutenue par les Insoumis, cela consiste à signer une charte, et dans cette charte un candidat s'engage à ne plus avoir la liberté de vote, à prendre ses ordres auprès de l'organisation des Insoumis".

"On défend les intérêts d'une population, on porte une parole politique, mais on n'est pas des petits soldats aux ordres d'un homme providentiel", selon André Chassaigne, qui n'a aucun doute sur le fait que Jean-Luc Mélenchon obtiendra quoi qu'il en soit les 500 parrainages nécessaires à sa candidature.

"Je souhaite que les communistes votent massivement pour qu'on présente un candidat avec la volonté de rassembler et pas d'isoler", affirme-t-il, tout en rappelant que ce sont les adhérents qui trancheront au final.

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