Doctorant en économie et membre du Mouvement Français pour un revenu de Base, Jean-Eric Hyafil est l'invité du 5/7 pour expliquer cette nouvelle passion française.

Le symbole de l'euro adossé contre un mur
Le symbole de l'euro adossé contre un mur © Getty / Ralf Hiemisch

C'est une thématique de plus en plus évoquée par les représentants politiques : le revenu de base, "un revenu versé par la collectivité à chacun de ses membres, de façon universelle, à tous ses membres y compris les plus aisés, en plus des revenus, sans exigence de contrepartie et de façon individuelle", explique Jean-Eric Hyafil, économiste et cofondateur du Mouvement français pour un revenu de base (MFRB).

"On ne touche pas aux retraites ni à l'assurance maladie"

Quelle est l'idée derrière la mise en place d'un tel revenu ? "Dans les jeunes générations, il y a un malaise croissant vis-à-vis du travail : de plus en plus de jeunes se demandent si leur travail est utile à la société", explique l'économiste. "Le revenu de base, c'est aussi un outil pour choisir mieux son travail, un travail qui colle mieux à ses valeurs, à ses ambitions", ajoute-t-il.

Que remplacera le revenu de base ? "Cela dépend du montant", selon Jean-Eric Hyafil, qui explique qu'il y a une multitude de solutions proposées : "Il y a une proposition à 500€ qui remplace seulement le RSA et la prime d'activité, une autre à 750€ qui remplacerait le RSA, la prime d'activité et les aides au logement. Au MFRB, on refuse que le revenu de base remplace les allocations chômage. Et on ne touche pas aux retraites, ni à l'assurance maladie".

"Les gens ne vont pas se laisser aller, bien au contraire"

"Il y a une simplification du système redistributif, ajoute-t-il, dans la mesure où il y aurait un couple revenu universel/impôt universel. Et si à la fin, les contribuables touchent un revenu de base qui compense l'augmentation de l'impôt, ils se disent que le système marche plutôt bien".

Le revenu de base va être expérimenté en Gironde, probablement en 2018 selon le président du Conseil départemental, Jean-Luc Gleyze. "Cela montrera qu'avec un revenu de base, les gens ne vont pas se laisser aller, au contraire. Ils vont se prendre en main et continuer à travailler, mais peut-être de façon différente, en développant des projets d'entreprise ou en s'investissant dans des activités moins bien rémunérées mais qui ont plus de sens pour eux".

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