"Il y a toujours le risque de concentration de grandes entreprises et de perdre la diversité éditoriale", s'inquiète l'éditeur Antoine Gallimard, invité de France Inter dimanche matin avec une libraire de Ruffec (Charente), Pauline Fouillet.

Depuis le 19 avril, en raison du confinement, de nombreuses librairies proposent la réservation en ligne de livres et leur retrait en drive.
Depuis le 19 avril, en raison du confinement, de nombreuses librairies proposent la réservation en ligne de livres et leur retrait en drive. © Radio France / Jean-François Fernandez

"Le secteur est sinistré", concède l'éditeur Antoine Gallimard, PDG du groupe Madrigall qui rassemble les maisons Gallimard, Flammarion et Casterman et invité de France Inter dimanche matin. "Nous avons perdu entre 90 et 100 % du chiffre d'affaires, éditeurs et libraires", souligne-t-il, notant les nombreuses initiatives "qui ont permis de garder un lien avec les auteurs et les lecteurs". Les éditions Gallimard ont, par exemple, sorti une collection gratuite "Tracts de crise" et "tous les éditeurs ont multiplié des initiatives de ce genre".  

Mais le sort des libraires "préoccupe beaucoup" Antoine Gallimard :

"Dans la chaîne, il y a un maillon faible, c'est la librairie. Si ce maillon casse, c'est toute la chaîne qui déraille et c'est grave."

"Il y a toujours le risque de concentration de grandes entreprises et de perdre la diversité éditoriale", estime-t-il. "C'est très angoissant, nous sommes le commerce où la marge est la plus faible", témoigne Pauline Fouillet, libraire en Charente. "Nous avons le soutien de nos clients, des lecteurs en général, et j'espère pouvoir continuer très longtemps. Mais il y a de vraies inquiétudes pour savoir si l'on arrivera a régler nos échéances et pas à ne pas mettre la clé sous la porte." 

Laisser aux libraires "le temps de gérer la reprise"

"Nous sommes comme après une anesthésie, notre corps a été malade donc on n'a pas le choix : il faut étaler ce qui était prévu", estime Antoine Gallimard qui explique qu'il va d'abord récupérer les livres sortis dans l'indifférence du confinement au mois de mars et sortir, au mois de mai, pas plus de deux ou trois livres. "Pour alléger les libraires et leur laisser le temps de gérer la reprise."

L'éditeur attend d'ailleurs des mesures fortes du gouvernement (chèque livre pour les plus jeunes, possibilité aux libraires de rendre les règles plus souples dans les magasins) et "au moins 10 %" de compensation sur les cinq milliards de chiffre d'affaires que représente le secteur.  Il réclame aussi une réflexion sur les frais de poste, "comme pour les journaux".

"Les normes sanitaires nous obligent à une certaine distanciation qui va être compliquée à respecter... Nous allons étendre les horaires et les jours d'ouverture", témoigne Pauline Fouillet qui a également maintenu son activité en "drive" et a fait ses demandes d'aides.  

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