Elisabeth Roudinesco, historienne, est l'invitée d'Eric Delvaux et Patricia Martin. Elle publie, aux éditions du Seuil, un essai qui évoque les questions de genre et d'identité en France : "Soi-même comme un roi".

L'historienne dénonce le fait d'être "assigné à une identité qui n'est pas forcément la vôtre", comme par exemple dans la relecture de penseurs français anticolonialistes, "qu'on accuse de ne pas avoir le droit d'être anticolonialistes".

Cette "assignation identitaire" s'exprimerait selon elle avec "un excès incroyable" aujourd'hui. "Notamment avec les mouvements qui ont repris le terme de races en parlant de racisés, qui s'assignent eux-mêmes à la position d'être victimes du racisme", explique Elisabeth Roudinesco. "La race n'existe pas au sens scientifique, ce qui ne veut pas dire que le racisme n'existe pas dans la société. On a des lois qui condamnent le racisme. Ramener l'identité racisée, sous prétexte qu'on a été victime du racisme, c'est quand même ramener de la race !"

"Je suis d'autant moins d'accord qu'on supprime en même le terme 'nègre' que Césaire avait sorti des cales de l'esclavage, pour en faire une culture magnifique. Lui-même s'est opposé à cette idée de se raciser."

Elle estime que "toute cette extrême-gauche conteste Sartre, par exemple, et le droit à des blancs d'être anti-colonialistes". Elle y voit "une dérive".

  • Légende du visuel principal: Elisabeth Roudinesco le 6 novembre 2014 à Paris © AFP / Miguel Medina
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