Hugo Micheron, enseignant à Sciences Po, et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, étaient les invités de France Inter, après la décapitation d'un enseignant vendredi dans les Yvelines.

Un professeur d'histoire a été décapité vendredi à Conflans-Sainte-Honorine.
Un professeur d'histoire a été décapité vendredi à Conflans-Sainte-Honorine. © AFP / Abdulmonam EASSA

Hugo Micheron, chercheur à l'université de Princeton et enseignant à Sciences Po, auteur de "Le jihadisme français, quartiers, Syrie, prison", et Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, étaient ce samedi les invités d'Éric Delvaux et Patricia Martin sur France Inter. Ils ont réagi après ce qu'Emmanuel Macron qualifie d' "attentat terroriste islamiste caractérisé" : la décapitation, hier, d'un professeur d'histoire-géographie, qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

"Les motivations sont l'intimidation : procéder à une intimidation violente, une brutalisation à l'extrême du débat publique en s'en prenant aux symboles cardinaux de la société française, à l'éducation nationale, on parle d'un professeur de banlieue", note Hugo Micheron. "l'Éducation nationale représente en France le ciment républicain. [Les terroristes] cherchent à travers ça aussi à intimider, à ce qu'on ne puisse plus prendre la parole sur un certain nombre d'enjeux. Au-delà de ça, c'est aussi la question du symbole. La France est précisément l’antithèse du modèle jihadiste, et c'est ça qu'ils cherchent à saper."

"Il y a rarement de loup solitaire, il y a toujours des environnement idéologiques dans lesquels les individus évoluent", analyse aussi le chercheur. "Ici le motif est totalement incroyable : l'assassinat d'un professeur à la suite d'un cour sur la liberté d'expression c'est quasiment inconcevable, pourtant c'est concevable pour une partie des individus sur le territoire français."

C'est pour cela que, selon Hugo Micheron, "il faut s'intéresser, au-delà de simplement la question du jihadisme et de son mode opératoire, à la question de l’imprégnation idéologique."

"Il y a une pression aujourd'hui quand des enseignants veulent très simplement parler de Charlie Hebdo, de caricatures, de liberté d'expression", a estimé de son côté Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté : "Ce professeur était connu pour réaliser des expositions sur le thème 'Liberté, Égalité, Fraternité', on voit bien que c'est là précisément ce que les terroristes détestent."

"Je ne dis pas qu'on ne pouvait pas l'anticiper. Je dis juste que penser qu'un professeur d'histoire va être décapité sur la voie publique, cela dépasse l'entendement", a-t-elle aussi affirmé.

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