Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’Islam de France et membre du conseil des sages de laïcité, et Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, étaient invités d'Éric Delvaux à 8h20.

Des hommages spontanés, hier, au professeur décapité vendredi dans les Yvelines.
Des hommages spontanés, hier, au professeur décapité vendredi dans les Yvelines. © AFP / Bertrand GUAY

"Les citoyens musulmans et à leur tête leurs responsables doivent d’une manière nette, sans ambages, se désolidariser de l’hydre islamiste", a jugé ce dimanche matin sur France Inter Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation de l’Islam de France, après la décapitation d'un professeur qui avait montré en classe des caricatures de Mahomet : "Le temps est au recueillement, au deuil, mais aussi à la volonté invincible d’en finir une bonne fois pour toute avec le terrorisme abject."

"Le temps n'est pas à finasser"

"Le temps n’est pas à finasser et nous ne pinaillerons pas", a affirmé celui qui est aussi membre du conseil des sages de laïcité, tout en soulignant une "double injonction" à destination de la communauté musulmane : "On demande aux résidents musulmans de se fondre d'une manière caméléonesque au sein de la Nation. (…) Paradoxalement, on leur demande de faire savoir qu’ils abhorrent, fustigent, condamnent le terrorisme islamiste abject comme musulman."

Et Ghaleb Bencheikh identifie ce qu'il nomme une "quadruple peine" pour les musulmans : "Premièrement, voir la barbarie, la violence s’abattre au nom d’une tradition religieuse à laquelle ils tiennent. Deuxièmement, être toujours soupçonnés à minima d’une certaine complicité tacite. Troisièmement : quoi qu’ils disent, ça reste insuffisant. Et, enfin, le fait qu'ils n’arrivent pas à bout de cette barbarie."

"Des leaders musulmans jouent sur la victimisation"

Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, a lui estimé qu'un "travail théologique doit être mené". "Nous avons besoin d’un corpus doctrinal adapté à la civilisation européenne", estime-t-il, tout en alertant : "Il faudrait mettre en garde contre des discours qui inspirent le fanatisme. Des leaders musulmans jouent sur la victimisation et nourrissent la vulnérabilité qui existe chez un certain nombre de coreligionnaires", déclare-t-il, en pointant aussi une "part de responsabilité" de la République.

"Il faut désenvelopper l’islam de sa culture d’origine pour l’envelopper dans la culture occidentale", juge-t-il, voyant l' "ignorance" comme l' "ennemi commun", et appelant à combattre l'islamisme "à travers la culture et le savoir"  (...) Beaucoup de musulmans pensent que leur culture, c’est l’islam", note-t-il. 

Les invités
  • Ghaleb Bencheikhthéologien, physicien, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix
  • Tareq OubrouGrand Imam de Bordeaux, recteur de la mosquée de Bordeaux
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