Questions militaires ce matin avec le Chef d’Etat-Major des armées, le Général Lecointre. Les cas de covid-19 sur le porte-avions Charles de Gaulle, l'opération résilience souhaitée par l'Elysée... Le Général François Lecointre répond aux questions d'Eric Delvaux et Patricia Martin.

General Francois Lecointre, chef d'Etat Major des armées
General Francois Lecointre, chef d'Etat Major des armées © AFP / Christophe Archambault

L'équipage du porte-avions français Charles de Gaulle a probablement été contaminé par le nouveau coronavirus lors de l'escale du bâtiment à Brest, selon le chef d'état-major des armées.

"On considère, on pense (...) que cette contamination s'est produite à l'escale qui a eu lieu à Brest au mois de mars (du 13 au 16 mars, ndlr)".

Près des deux-tiers de l'équipage du porte-avions, soit 1.046 marins sur 1.760, ont été testés positifs, mais l'origine de la contamination reste une énigme. L'équipage, en mission depuis fin janvier, n'a pas été en contact avec un élément extérieur après cette escale à Brest, au cours de laquelle une relève d'une cinquantaine de personnes est montée à bord et des centaines de marins sont descendus à terre. Les premiers cas de maladie Covid-19 n'ont été identifiés qu'au cours de la première semaine d'avril, soit au-delà de la durée d'incubation (quatorzaine) habituellement admise pour le virus. La ministre des Armées Florence Parly avait relevé vendredi que "plusieurs hypothèses" étaient "à l'étude", y compris que le virus ait pu être déjà présent à bord avant l'escale.

Deux enquêtes, une de commandement et une épidémiologique, ont été diligentées sur la gestion de la crise d'une part, le processus de contamination du bâtiment d'autre part. Le général Lecointre a concédé que la question du maintien de l'escale à Brest s'était posée mais réitéré qu'au vu des connaissances du moment sur la propagation du virus, il n'avait pas été jugé nécessaire de l'annuler. La France n'était alors pas encore entrée en confinement. "On s'est posé la question à partir du début mars de savoir si on allait la maintenir. La décision prise par le commandement des armées, par moi-même, par le chef d'état-major de la Marine, a été de maintenir cette escale parce qu'elle correspond(ait) à une nécessité logistique", a-t-il dit.

Les familles n'ont alors pas été autorisées à monter à bord, comme cela avait été initialement prévu, a rappelé le général Lecointre, mais les marins qui le souhaitaient ont pu débarquer.

"Les mesures qui ont été données d'autorisation de sortie en ville, qui semblaient à l'époque et en l'état de la connaissance du virus et de ce qui était appliqué comme règle en France à ce moment-là, et dans une région, en particulier l'Ouest breton dans lequel on n'avait aucune connaissance d'un moindre cas, paraissaient légitimes", a-t-il ajouté.

Le Charles de Gaulle, revenu depuis à sa base à Toulon (Sud), devrait repartir en mission d'ici la fin juin. "Nous allons tout faire pour être en mesure de réengager le porte-avions avant l'été", a confirmé le général Lecointre

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