La ministre déléguée au Logement a commandé à l'Insee un recensement pour estimer le nombre de personnes qui se sont retrouvées à la rue à cause de l'épidémie de Covid-19.

Comment éviter que les centres d'hébergement d'urgence, qui accueillent les personnes sans logement, ne deviennent des centres d'infection, en pleine pandémie de Covid-19 ? "C'est ma préoccupation de tous les jours", assure Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée du Logement. 30 000 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes pendant le confinement et demeurent ouvertes. Le plan hiver a été activé le 18 octobre au lieu du 1er novembre. 

"L'objectif est d'ouvrir massivement, aussi vite que possible", indique la ministre, invitée de France Inter samedi matin, qui précise que malgré tout, "les SAMU sociaux reçoivent beaucoup d'appels auxquels ils ne peuvent pas répondre". Emmanuelle Wargon souhaite développer l'accueil individuel, notamment via les hôtels. "Les nuitées hôtelières, même si ce n'est pas non plus la panacée, permettent au moins de mettre les personnes dans des chambres séparées", précise-t-elle, "et non pas dans des centres de type dortoir où l'on a des problèmes de contamination"

Favoriser un accueil durable

Le but du gouvernement est aussi de favoriser un accueil pérenne, en non plus seulement d'urgence : "Nous créons des places stables, qui ne fermeront plus jamais, notamment pour les femmes qui sortent de maternité avec un nourrisson." La ministre prévoit la création de 1500 places dédiées à ce public particulier, ainsi que des hébergements adaptés aux "grands marginaux".   

Il est toutefois difficile de savoir si la pandémie de Covid-19 a favorisé la mise à la rue de personnes en situation de fragilité. "J'ai demandé à ce que l'Insee refasse le recensement", affirme Emmanuelle Wargon, le dernier en date ayant été réalisé en 2012. La ministre constate toutefois une hausse des recours aux dispositifs d'aide aux plus démunis : "On sait qu'on a plus de personnes dans les distributions alimentaires, on sait aussi que les demandes de RSA sont en hausse, nous avons donc des signes d'une difficulté plus grande d'une partie de la population."

Pour obtenir un chiffre plus précis, Emmanuelle Wargon envisage l'organisation d'une "nuit nationale de la solidarité, qui nous permettrait, pour chaque ville qui le souhaite, de pouvoir le même jour compter les personnes".    

  • Légende du visuel principal: La ministre Emmanuelle Wargon, ici à l'Assemblée nationale. © AFP / Phanie
Les invités
  • Emmanuelle WargonSecrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire
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