Anna Gavalda, pour son sixième roman :

Billie aux éditions Le Dilettante

Billie
Billie © Radio France / Anna Gavalda

Billie, ma Billie, cette princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amourdans l’autre, est laplus jolie chose qui mesoit arrivée depuis que j’écris.

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Franck, il s’appelle Franck parce que sa mère et sa grand-mère adoraientFrank Alamo (Biche, oh ma biche, Da doo ron ron, Allô Maillot 38-37 et tout ça ) (si, si, ça existe…) et moi, je m’appelle Billie parce que ma mère étaitfolle de Michael Jackson (Billie Jean is not my lover / She’s just a girl etc .). Autant dire qu’on ne partait pas avec les mêmes marraines dans la vieet qu’on n’était pas programmés pour se fréquenter un jour…

Non seulement Franck et Billie n’étaient pas programmés pour fredonner les mêmes refrains, mais en plus, ils avaient tout ce qu’il faut en magasin pour se farcir une bonne grosse vie de merde bien ficelée dans la misère – misère physique, misère morale et misère intellectuelle. Vraiment tout. Et puis voilà qu’un beau jour (leur premier), ils se rencontrent.

Ils se rencontrent grâce à la pièceOn ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset. Billie a été tirée au sort pour jouer Camille et Franck, Perdican.

À un moment, dans cette scène qu’ils doivent apprendre par cœur et déclamer devant les autres élèves de leur classe, Camille lance à Franck : Lève la tête, Perdican ! et à un autre, un peu plus loin, Perdican finit par avouer à Billie : Que tu es belle, Camille, lorsque tes yeux s’animent ! eh bien voilà, tout est là et tout est dit : ce livre ne raconte rien d’autre qu’une immense histoire d’amour entre deux vilains petits canards, lesquels, à force de s’obliger mutuellement à lever la tête et à se rappeler l’un l’autre qu’ils sont beaux, finissent par devenir de grands cygnes majestueux.

En fait, on dirait du Cyrulnik, mais en moins raffiné. Là où Boris aurait employé les mots « gouffre » ou « résilience », Billie, quand elle est heureuse, lâche en ricanant : Et tac. Encore niquée, la vie.

Bah… À chacun, ses maux et sa façon de les écrire…

Anna Gavalda

[Retrouvez les dates de signatures ]( http://www.ledilettante.com/actualite-555.htm)

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