La maire de Paris lance ce samedi une opération dont l'idée est née après les attentats à Charlie Hebdo en 2015 : une "nuit des débats" pour échanger dans les cafés, bars et lieux culturels de sa ville.

Vous venez nous présenter la nuit des débats ce sera demain soir dans une centaine de cafés, boite de nuits, l’idée est née après le 13 novembre. C’est un antidote à la violence ?

C’est même né après les attentats de janvier avec l’idée « parlons-nous », l’idée a été renforcée en novembre. On a besoin de réinviter les sciences sociales pour comprendre ce qui se passe dans notre monde.

Le café c’est là où l’on refait le monde, le syndicat des cafés parisiens s’est associé à la démarche, la Sorbonne lance, elle, « les idées contre-attaquent ».

Vous pensez que les gens ne se parlent pas assez et vous pensez que vous allez agglomérer des gens qui n’ont pas l’habitude de prendre la parole.

Plus de 135 débats sont organisées, pas par nous ! On a proposé des lieux et les associations, particuliers, intellectuels, journalistes y sont allés.

Notre rôle c’est d’offrir des possibilités, à vous de vous en saisir.

Des opposants à la loi travail ont pris la place de la République la nuit dernière avec le mouvement « nuit debout ». Ils ont été évacués dans la nuit.

Je crois qu’ils ont pu faire leur fête.

Ils espéraient camper sur place pendant quelques jours.

J’ai du respect pour les manifestants mais les grands espaces publics ne peuvent pas être privatisés qu’elles que soient les intentions belles ou moins belles.

On est aussi dans une période avec un risque d’attentat où il faut être vigilant.

Vous avez de la sympathie pour les opposants à la loi travail ?

Sur la première version de la loi travail, qui contenait des points scandaleux, les reculs opérés vont dans le bon sens. Il reste encore des choses que je n’approuve pas : le licenciement économique.

J’ai travaillé dans le ministère du travail pendant 20 ans, je ne pense pas que la précarité soit la condition qui permette de renouer avec l’emploi. L’idée d’avoir un compte personnel d’activité, autour duquel viennent exister de nouveaux droits, pour des salariés qui vont connaître une succession de contrats, je pense qu’on aurait pu travailler autour de cette sécurité sociale professionnelle et tirer les fils.

Quand on nous parle de flexi-sécurité cela signifie qu’il faudrait mettre la négociation sur l’assurance chômage dans le même paquet que la négociation sur la protection des travailleurs.

On est partis sur des idées fausses.

Mais il y a des progrès dans ce texte ?

Il y a eu des renoncements qu’il fallait avoir, notamment sur les indemnités prud’homales. Un gouvernement progressiste doit se remettre avec ce cœur de logiciel qu’est l’humanisme. Il n’y a pas plus pragmatiques que les humanistes.

Les habitants du 16ème arrondissement sont en colère contre la construction d’un centre d’hébergement d’urgence. Il n’y a pas eu un manque de dialogue ?

Le 16ème est le seul arrondissement de Paris où il n’y a pas de centre d’hébergement pour SDF.

Claude Goasguen prend comme une provocation d’implanter un deuxième centre pour les réfugiés.

C’est le groupe des verts qui a porté ce vœu. Le maire a dit qu’il avait trois sites alternatifs à proposer, nous allons saisir la balle au bond.

Il faut prendre à l’effort de solidarité collectif.

"Après 2024 on pourra se baigner dans la Seine"

Dominique Méda vous allez participer à un débat samedi soir intitulé : « Quel travail pour demain ? », de quoi allez-vous parler ?

Peut-être que le salariat est une idée extrêmement moderne ?

Est-ce qu’il faut s’en remettre aux nouvelles technologies ?

Il faut s’habituer à changer plusieurs fois de travail. Cette idée vous semble juste ?

J’étais rapporteur du rapport Boissonnat en 1995, censé définir le travail d’aujourd’hui. Il y a avait déjà cette petite musique.

Aujourd’hui les idées que l’OCDE développait dans les années 1990, on les retrouve dans les idées de gauche.

(Auditeur) Les partis n’auraient-ils pas intérêt à s’ouvrir d’avantage sur la société civile ?

Quand on a initié l’appel à la primaire c’est exactement ce que l’on voulait faire. On voulait alimenter les partis et les candidats avec des idées nouvelles . On voulait créer cette jonction. C’est difficile.

(Auditeur) Pourquoi ne pas avoir organisé un référendum pour la candidature de paris pour les JO de 2024, les Parisiens vont participer à 50% au budget et à 50% de la dette ?

Anne Hidalgo – Le référendum, c’est poser des questions manichéenne. Où est l’espace du débat sur le référendum ? Sur une question pour les JO, la réponse doit-elle être « oui » ou « non » ? Je ne le pense pas. Ce travail de concertation est engagé aujourd’hui avec Bernard Lapasset et Tony Estanguet. Avec la métropole du Grand Paris on lance le débat citoyen pour avoir des informations fiables.

Il y a eu des votes : les conseils d’arrondissement, le conseil de Paris, les communes d’Ile-de-France.

Après 2024 on pourra se baigner dans la Seine. Il y aura des épreuves de natation dans la Seine.

Vous irez vous baigner vous-même en 2024 ?

Je vous fais la promesse, je ne sais pas encore dans quel état je serai.

(Auditeur) Que compte-t-elle faire pour l’image désastreuse des transports en commun ?

Les transports en commun c’est d’abord la compétence de la région et de la RATP. Le 5 avril prochain on va inaugurer la canopée des Halles. La station RER, 800 000 passages jour, est en train d’être refaite. Avec la présidente de la RATP et de la Région Ile-de-France.

A l’étranger, notre réseau de transports en commun est plutôt valorisé même s’il y a encore des problèmes.

Vous êtes aussi remontée contre une décision du parlement européen sur le diesel ?

L’Union européenne est en train de donner un permis de polluer, tout ça partant du scandale sur les tests des voitures diesel, avec une procédure étrange. Elle passe par un comité d’experts. Le parlement a voté le texte à une courte majorité. Si la Commission européenne prend la décision de donner un permis de polluer, à partir de la pétition signée par 107 000 personnes dont 20 maires, nous saisirons les instances et la Cour de justice européenne.

Anne Hidalgo
Anne Hidalgo © REUTERS/Stephane Mahe
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