A l'occasion de la sortie du film de Joachim Lafosse Les Chevaliers blancs inspiré de l'affaire de "l'arche de Zoé", l'acteur engagé est l'invité Spécial de la matinale de Patrick Cohen

Vous incarnez Jacques Arnault, le leader de la bande. C’est un type qui n’est pas un escroc ? A l’origine il veut faire le bien ?

Je vais commencer par la fin. C‘est quelqu’un qui subit une ivresse narcissique . Au moment des problèmes du Darfour, on annonce que 800 000 enfants sont en danger, des gens peuvent avoir une vocation de sauveteur. Il est touché par ça. Il a la conviction de détenir une solution, qui lui donne l’envie d’être charitable. Il développe une énergie incroyable pour convaincre une bande de gens.

Ce qui m’a plu énormément c’est le déplacement de convictions. Quelqu’un qui au départ a une envie charitable et tombe amoureux de lui, se voyant faire les choses. Dans une histoire d’amour on peut avoir l’impression d’aimer quelqu’un et en fait on est amoureux de soi aimant la personne.

Le mensonge est là depuis le départ. « On est là pour très longtemps ».

Quand je prépare un film, j’essaie de m’informer le moins possible […] j’essaie de fantasmer au plus près le personnage , ce que j’aurais été si j’avais été lui.

J’ai tout regardé après. Je n’avais pas été rechercher dans ma mémoire. J’avais envie de vivre dans les mêmes conditions que lui.

Ça a été tourné au milieu du Maroc.

Entre nous il y a eu des tensions, des gaités, des tendresses. Tout d’un coup 12 personnalités, du matin au soir, sont ensemble, dans un lieu où il y a 15 chambres, il n’y a aucune chance de croiser de nouvelles personnes le matin.

Vivre ensemble a été notre meilleur coach.

C’est un film qui ne juge pas ?

La force du film, c’est qu’il n’y a pas d’ordre donné au spectateur . Il y a un état des lieux, qui nous renvoie, nous à prendre conscience des choses. On est d’un coup sous son empathie, et puis d’un coup on vire de l’autre côté.

Je me suis empêchée d’être pro ou contre Jacques Arnault. Je voulais juste refléter un personnage.

__ (un auditeur) Les personnages populaires que vous jouez ne correspondent pas à vos origines familiales. Est-ce que c’est une composition ou est-ce que vous puisez quelque chose dans votre propre histoire ?

Si je savais. J’aime ces gens, énormément. J’ai été élevé avec un père qui n’était bien qu’avec des gens simples , c’est-à-dire le rapport humain. Ce sont ces personnages là que j’ai envie de faire : un maçon, un maître-nageur, mais ça peut aussi être un Premier ministre.

C’est un personnage que vous abordez par le geste, le physique ?

J’aime quand il y a deux histoires : une fiction qui raconte la grande histoire . C’est une photo du monde dans lequel on vit en ce moment. C’est important la photographie d’un film . Il y a eu des films d’avant-guerre, pendant la Nouvelle vague, après la Nouvelle-vague.

Je fais tout moi-même, il n’y que ça qui m’amuse.

Je ne vais pas faire les courses pour qu’on dise « Olala qu’est-ce qu’il est resté simple ». Je fais des courses parce que j’aime faire des courses.

L’engagement jusqu’où ?

Défendre les clandestins à saint Germain des Près, c’est mieux qu’habiter à Saint germain des Prés et ne pas les défendre.

Je n’ai pas à me déculpabiliser. On vient à une émission à France Inter le matin, donc on doit réagir, je comprends que je puisse énerver.

J’écoute votre radio et il y a des gens qui m’énervent même si je les aime . Donc je comprends.

Tout le monde a envie d’être Président comme tous les enfants ont envie d’être pompier.

L'équipe

Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
  • 0145247000
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.